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« Le ciel s’ouvrit ! » Et alors…

Sylvie TAMARELLE
rayon de soleil à travers les nuages


Dimanche 13 janvier 2019 – Le Baptême du SeigneurLuc 3, 15-16, 21-23

Qui n’a jamais rêvé de voir le ciel s’ouvrir et quelque chose d’extraordinaire et de bienfaisant se produire ! Jésus vient d’être baptisé dans les eaux du Jourdain par Jean le Baptiste. Il prie. Le ciel s’ouvre. L’évangéliste Luc, en décrivant cette scène, serait-il le précurseur des séries à suspens où fleurissent les effets spéciaux ?
Sommes-nous si habitués de science- fiction que nous n’y croyons plus ? Quel signe faut-il pour que nous entendions Dieu nous parler ? Comment dire l’indicible ? Pourtant hier, quand Anna a ouvert en tremblant le courrier administratif reçu de la préfecture, le ciel s’est ouvert ! À travers cette carte de séjour que la France lui accordait, elle a enfin entendu un mot d’amour. Tu n’es plus indésirable, emprisonnable, expulsable. Tu vas pouvoir construire ta vie et à ton tour en travaillant dans la maison de retraite où tu as postulé comme aide-soignante, devenir actrice de cette société qui t’accueille. Anna s’est sentie revivre ! Après des années de galère, veuve à 30 ans, loin de son pays où ses enfants ont été assassinés, la voilà engendrée à une nouvelle vie : feu de la souffrance, puis souffle de la renaissance.
Jean le Baptiste l’annonce : « Il vient celui qui baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »
Jésus est plongé dans les eaux du Jourdain, comme tout le peuple. Solidaire de notre humanité, sa nature divine est aussitôt révélée à travers ce triple signe cosmique : le ciel s’ouvre, une colombe qui représente l’Esprit Saint descend sur Jésus et une voix céleste résonne.
L’évangéliste Luc ne choisit pas au hasard ces images. Elles parlent aux Juifs de son époque, nourris des écritures ; elles résonnent avec les paroles du prophète Isaïe (61,1) : « L’esprit du seigneur Yahvé est sur moi. » Dès le moment de sa conception, lors de l’annonciation à Marie, Jésus est sous l’ombre et la puissance du Très Haut et de l’Esprit Saint : « C’est pourquoi l’enfant qui naitra sera appelé fils de Dieu. » (Lc 1, 35) Reconnu à nouveau comme fils de Dieu, ce baptême est pour Jésus une nouvelle étape, le point de départ de sa vie publique. Il reçoit le souffle nécessaire qui va lui permettre d’enseigner, de guérir et d’annoncer le royaume de Dieu.
Par le baptême nous sommes, nous aussi, engendrés à une vie nouvelle, qui nous révèle que nous sommes divinement aimés !
Jésus prie, le ciel s’ouvre. Les termes sont juxtaposés. Comme si la prière était la clé qui nous ouvre au divin ou plutôt comme si ce temps de dialogue était nécessaire pour entendre les paroles d’amour du créateur. Dieu ne cesse de répéter à chacun : « Tu es mon fils, ma fille bien-aimée. En toi je trouve ma joie. » Mais pour entendre cette parole qui met debout et inaugure un avenir, n’attendons pas que le ciel se déchire… prenons plutôt le temps de prier !
 

Sylvie Tamarelle

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