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Aimer, c'est vivre !

Didier GRANJOU
Se tenir par la main
© CC0 Creative Commons


Dimanche 4 novembre 2018 – 31e dimanche du temps – Dt 6, 2-6 ; Mc 12, 28b-34

Qu’est-ce que Dieu attend de chacun de nous, ou bien, pour le dire autrement, que veut-il pour nous ? La question posée à Jésus était au centre de bien des conversations religieuses de son époque, mais ne l’est-elle pas encore aujourd’hui ? Nous pourrions la formuler ainsi : comment distinguer l’essentiel de l’accessoire. Pour les Juifs, c’était opérer un tri sélectif parmi les 613 commandements de détails contenus dans la loi. Pour nous, c’est nous attacher à l’essentiel, c’est-à-dire à l’évangile déjà annoncé dans la première lecture : « Écoute Israël. » Oh oui, écoute Église, peuple de Dieu dont nous sommes les membres, tous, chacun à notre place, écoute ce à quoi t’invite le Seigneur. Les exhortations nombreuses de François face l’engourdissement de l’institution et aux nombreux abus perpétrés et tus par l’arrogance du cléricalisme sont autant d’occasions de nous mettre à l’écoute pour mieux nous engager en fidélité à notre vocation baptismale.

Un scribe fait passer un examen de catéchisme à Jésus : « Quel est le plus grand de tous les commandements ? » C’est un piège comme le sont tous les catéchismes faits de questions/réponses, car ils sont une mécanique sans fin où la religion n’est plus qu’un exercice de mémoire, et les réponses découlent si parfaitement les unes des autres que la démonstration en devient aussi serrée que les barreaux d’une cage qui enfermerait l’Esprit Saint.

Jésus ouvre la cage et choisit la liberté en répondant : tu aimeras. À la question du commandement, Jésus répond par la seule chose qui ne se commande pas : tu aimeras. Ainsi est la vie des hommes pour aimer et être aimés.

D’ailleurs pourrait-on aimer sur commande ? Doit-on aimer sur ordre ? Peut-il exister un amour obligatoire qui, comme les vaccins, serait remboursé par la sécurité sociale ? Que resterait-il de l’amour s’il n’était qu’un commandement ?

À la question piège du scribe qui passe entre les frontières du permis et du défendu, Jésus répond : vivre !

Au-delà des chicanes, des jeux de l’esprit, des raisons raisonnantes, voici ce qui seul est important : vivre en avant, faire vivre tourné vers l’avenir à tous moments de l’existence, même en un jour de départ et entendre cet appel : tu aimeras.

Quel est le plus grand commandement ? La question est sage, la réponse est folle.

La question se pose de l’extérieur, elle est toute faite et se récite. La réponse est à inventer en soi-même et c’est Dieu qui la rend possible.

La réponse de Jésus passe par notre quotidien. Aimer Dieu, c’est le vivre dans notre existence.

Aimer Dieu dans nos attitudes concrètes vis-à-vis de nos proches. Dans notre manière de faire notre travail ou d’organiser notre retraite. Dans notre capacité à être disponibles à ceux que nous côtoyons.

Aimer Dieu dans la qualité de nos partages. Dans notre désir de lui ressembler. Dans un vrai effort solidaire pour la justice, la vérité et la paix entre tous les hommes, chez nous et aux dimensions du monde. Voyez, il n’y a plus de commandement, ce qui demeure, c’est la vie sous le regard de Dieu au milieu de nos frères, où que nous soyons, quoi que nous fassions, quelles que soient nos forces et nos faiblesses.
 

Didier Granjou

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