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Le « voisinage ». Pourquoi ? Comment ?

Claudine BÉNARD
Claudine BÉNARD

L’expérience du « voisinage » à Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts (dont il a été fait un récit dans un précédent article) était le fruit d’une réflexion et d’un souci. Le projet avait vu le jour parce que nous sentions que ni la communion ni la mission qui sont au cœur de l’Évangile n’étaient pleinement vécues dans la paroisse et encore moins dans le quartier que nous habitons. Le projet semble toujours d’actualité !

En effet, si aujourd’hui et particulièrement dans les grandes villes, on redécouvre l’importance des relations entre les personnes, de la communication, des relations de proximité, c’est le plus souvent pour en constater les difficultés, comme si le tissu social s’était partiellement défait, déchiré. Ce constat, nous pouvons aussi le faire pour le quartier que nous habitons, pour le territoire paroissial. En effet, on se connaît peu ou mal, y compris entre chrétiens. D’autre part, en tant que chrétiens, nous sommes peu voire pas connus par les personnes qui habitent le quartier et celles-ci, de ce fait, ne savent pas toujours à qui, ni où s’adresser lorsqu’elles ont une demande (problème de vie et de vie chrétienne : deuil, sacrements, catéchisme…).

Ce constat, nous le percevons comme un appel : nous qui avons reçu la Bonne Nouvelle, nous ne pouvons pas la garder comme un secret ; nous entendons aujourd’hui l’appel de Jésus à faire de toutes les nations des disciples.

À cet appel, sans doute les paroisses apportent-elles des réponses nombreuses et variées, et il faut s’en réjouir. Cependant ces propositions n’y répondent pas totalement. En effet, d’une part c’est une mosaïque de réponses partielles. D’autre part, trouver ces réponses suppose que l’on fasse la démarche d’aller à la paroisse. Or il ne faut pas seulement accueillir ceux qui viennent, mais aller vers ceux qui ne savent où s’adresser. Comment aller au-devant des personnes et se mettre à leur service, c’est-à-dire se rendre disponible et les écouter au plus près de leur vie, entendre leurs attentes et leurs désirs ?

Une réponse pourrait être d’essayer, modestement, à sa mesure, et en fonction des talents de chacun, de reconstituer le tissu social partiellement défait. Ce projet n’a pas la prétention de résoudre tous les problèmes, il ne se substitue pas à ce qui existe déjà ; il ne doit pas mobiliser toutes les énergies, mais il peut néanmoins intéresser et concerner chacun. Il s’agit de tisser ou resserrer des liens entre les chrétiens et avec les personnes de son voisinage – car « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra » (Jn 13,35).Parce que des chrétiens se manifestent comme tels, se mettent au service de leur quartier en s’étant fait connaître explicitement, par exemple auprès des commerçants, la Bonne Nouvelle est déjà annoncée et le Christ peut se faire reconnaître sur de nouveaux visages.

On peut trouver de nombreux exemples de cet engagement très simple : l’accueil des habitants d’un immeuble nouvellement construit ; des services que l’on propose de rendre aux personnes de son immeuble (aller chercher les enfants à l’école, garde ponctuelle, aide aux devoirs ; services rendus aux personnes isolées ou malades ; aide aux courses…) ; les contacts avec les commerçants et associations de quartier, avec les hôteliers ; l’accompagnement des personnes qui font la demande de sacrements ou d’offices auprès de la paroisse, etc.

Il est un beau mot pour dire tout cela, les liens à tisser, l’accueil à offrir, la communication à partager, l’accompagnement à assurer. C’est voisiner !
 

Claudine Bénard

Et pour vous aider, si le projet vous intéresse, voir :

Annexe 1 : Voisinage, mode d’emploi

Annexe 2 : Questionnaire pour aider la réflexion des voisinages.

Version téléchargeable
Liste des documentsTaille
Icône PDF Annexe 1 : Voisinage, mode d’emploi42.57 Ko
Icône PDF Annexe 2 : Questionnaire pour aider la réflexion des voisinages.38.99 Ko
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