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Vivre la journée mondiale des pauvres pour refonder l’Eglise

Patrice SAUVAGE
Une étude du Secours catholique sur la pauvreté en France
https://www.citesaintpierre.net/actualite/rapport-statistique-2016-etat-pauvrete-france

En ce 18 novembre, nous remercions Patrice Sauvage d'appeler une fois de plus l'urgence de l'attention aux Pauvres, aile marchante de l'Eglise.

Alors que notre Eglise traverse une crise profonde liée aux scandales d’abus sexuels et plus fondamentalement au cléricalisme dénoncé par le pape, il est réconfortant de lire l’article écrit par Véronique Fayet, la présidente du Secours Catholique, dans La Croix du 26 octobre dernier,  qui a pour titre « Se reconstruire à partir des plus pauvres ». Ce cléricalisme, nous dit-elle, n’est pas l’apanage des seuls clercs, il guette toute l’Eglise, y compris les laïcs qui peuvent être plus cléricaux que les prêtres !
Face à ce questionnement et à cette réforme nécessaire de la gouvernance ecclésiale, Véronique Fayet propose avec le Secours Catholique de « mettre les plus fragiles au cœur de notre cheminement », mais aussi de la transformation de l’Eglise et de la société. Peut-être est-ce une utopie, mais c’est bien ainsi que le Christ nous invite à le rencontrer, à le contempler : auprès des petits, des pauvres, des souffrants. Et le pape de souligner dans sa première exhortation apostolique La joie de l’Evangile que « les pauvres ont beaucoup à nous enseigner [et que] nous sommes appelés à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux ».
C’est ce cheminement avec les personnes en précarité (physique, sociale, psychologique…) qui ne va certes pas résoudre à court terme les problèmes de gouvernance de l’Eglise, mais qui pourra, au fil du temps, refonder celle-ci sur la pierre d’angle qu’elle n’aurait jamais dû oublier : le Christ-serviteur, identifié aux plus pauvres. C’est ce que nous propose de vivre François avec la journée mondiale des pauvres le 18 novembre prochain : « Un pauvre crie, le Seigneur entend », tel est le titre qu’il a donné à son message dont voici un extrait :
La Journée Mondiale des Pauvres se veut une modeste réponse de toute l’Eglise, dispersée de par le monde, adressée aux pauvres de toutes sortes et de tous lieux, afin que nul ne croie que son cri s’est perdu dans le vide. Il s’agit sans doute d’une goutte d’eau dans l’océan de la pauvreté. Elle peut être cependant comme un signe partagé par tous ceux qui sont dans le besoin, afin qu’ils ressentent la présence active d’un frère et d’une sœur. On ne répond pas aux besoins des pauvres par procuration, mais en écoutant leur cri et en s’engageant personnellement. La sollicitude des croyants ne peut pas se résumer à une assistance, mais appelle cette «attention aimante» (La joie de l’Evangile) qui honore l’autre en tant que personne et recherche son bien.
 
Dans cette perspective, le pape propose à chaque paroisse ou mouvement d’organiser une « rencontre authentique avec les pauvres », avec une prière ensemble en communauté et le partage du repas dominical. Certaines paroisses ont par exemple prévu l’intervention de personnes démunies au cours de l’eucharistie, un repas partagé ou encore une « fête de la fraternité ». Ce peut être aussi l’occasion de décloisonner les différentes associations ou mouvements – confessionnels ou non – qui accompagnent des personnes ne précarité, quelle que soit le type de précarité.
 
Bien sûr, ce projet peut être au-dessus de nos forces en fonction de notre contexte local, mais l’essentiel est d’avancer tous ensemble, même modestement, sur ce chemin qui doit donner à l’Eglise son véritable visage : une fraternité fondée sur le Christ, une « Eglise pauvre pour les pauvres » (La joie de l’Evangile). Alors, « ne passons pas à côté de cette occasion de grâce ! », nous dit François en conclusion de son message.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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