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Pour toi « qui suis-je » ?

Hubert CORNUDET
Pour toi « qui suis-je » ?
By Distant Shores Media/Sweet Publishing, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18885577

Dimanche 27 août 2017 – 21e dimanche du temps ordinaire – Mt 16, 13-20

Dans l’Évangile, Jésus ne semble pas être surpris par les opinions des gens. Il ne s’attarde pas non plus à les démentir. Il ne fait que poser une question aux disciples : « Pour vous, ou plutôt pour toi, qui suis-je ? »

Quand un homme ou une femme pose à son conjoint cette question : « Qui suis-je pour toi ? », très souvent c’est que la relation connaît des épreuves et il faut prendre position. On peut imaginer une situation semblable pour Jésus et ses disciples. Voyons de plus près.

Un conflit a éclaté entre Jésus et les Pharisiens, ces laïcs juifs fervents, parce que les disciples de Jésus ne se lavent pas les mains quand ils prennent leur repas. Les ablutions des mains ou du corps font partie des nombreuses exigences de la loi religieuse. Jésus répond en affirmant que cette loi religieuse ne vient pas de Dieu, mais d’une tradition humaine.

Le disciple, à l'image de son maître, n'aime pas comme ceux du monde ce qui est aimable car ce serait rester esclave. Il ne s'encombre pas des grandes figures du passé comme celles d'Élie ou de Jean Baptiste. Il est dans le présent et il est tendu vers un Orient nouveau. Pierre vibre, frémit quand il entend ces paroles aussi libérantes de ce Jésus qu'il suit depuis un moment. Il va être premier disciple, Pierre, car il est bouleversé par les paroles que Jésus prononce depuis qu'il a mis ses pas dans les siens.

Il entend la question de Jésus et sa réponse témoigne de son espérance. Il est ce nouveau jeune homme riche, celui qui va jusqu'au bout de son regard échangé et de l'appel du Christ à le suivre. Dans sa déclaration inspirée par le Père, nous percevons qu'il croit à des matins nouveaux, à une terre nouvelle où les règles et les lois ne sont là que pour assurer la justice c'est à dire la répartition harmonieuse de l'extravagante générosité du royaume, de ses fils et de leurs souverains.

Les pharisiens ne sont pas dans l'amour ni le désir mais dans la morale. Jésus ne fait pas de la loi un carcan mais une libération. Et le Royaume va advenir sur terre. Mais d'autres événements peuvent se produire : les avares, les cœurs blindés, les jeunes hommes riches qui se refusent, les dignitaires cramponnés à leur pouvoir et à leurs traditions.

Ils auront, ceux-là, la victoire dans le monde, le monde des armées criant Dieu avec nous, le monde des dictateurs, des exploiteurs, de ceux qui ont pour toujours fait le choix d'un monde où l'ordre prime sur la justice, ce monde pour lequel refusa de prier le fils d'un Dieu qui depuis l'Évangile s'appelle liberté.

C'est ce royaume dont les clés sont confiées à Pierre. C'est au prix du martyre de beaucoup que l'Eglise existe.

Pour moi, pour toi « qui suis-je » ?
 

Hubert Cornudet op

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