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Thomas saison 2, « Thomas et les cicatrices ».

Vianney DANET
Paru-sur-la-Toile/dans la presse: 
Paroisse de Woodhaven; New-York City.
The parish of Saint Thomas the Apostle, in Woodhaven, New York..

Dimanche 8 avril 2018 – 2e dimanche de Pâques – Jean 20, 19-31

Saison 1, il y a eu Thomas le pragmatique, en Jean 14. Voilà Thomas le sceptique.

Jésus meurt, et trois jours après le tombeau est vide. Certes, il y a eu les femmes, Pierre, puis les disciples d'Emmaüs qui ont eu quelques « flash » ou une apparition fugace ; mais la crainte est là. Les portes sont verrouillées, c'est le soir ; silence gêné, entre peur du devenir et espoir du royaume tant attendu. Et « Jésus vint, il était là au milieu d'eux ». Comment ? Peu importe ! Et Jésus répète avec bienveillance : « La paix soit avec vous », car sans cette paix, comment entendre la suite ? « De même que le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Pas d'appel à fustiger les grands prêtres, pharisiens, ou Ponce Pilate. Il y a maintenant plus grand que la mort, plus fort que la peur, plus réjouissant que la haine. Et Il nous accompagne de son souffle, signe de vie, pour aller vers le monde. Ne nous morfondons pas dans nos peurs ou nos certitudes.

Et, à cet envoi des disciples – pas aux seuls apôtres –, Jésus ajoute le don « de remettre les péchés ». Dénouer, inverser la faute pour la rendre porteuse de vie. Cette injonction s’adresse à nous. Avec la paix, confiants dans son envoi, portons généreusement, la miséricorde dont nous bénéficions.

Et Thomas, ? À son retour, les autres lui racontent la venue du Seigneur. Thomas n’aime pas les visions ! Il veut du concret, non pas juste toucher son épaule ou son visage, voire sa tunique, pour être guéri. Il veut voir les cicatrices, les plaies, les signes des sévices, des humiliations, des lâchetés subies, seules preuves que c'est bien son Jésus qui est venu, et non un usurpateur.

Jésus revient, au milieu d'eux, portes fermées. La première apparition a-t-elle levé toutes les craintes des disciples ? Jésus redit « La paix soit avec vous », puis à Thomas, « approche ici ton doigt, […] avance ta main, mets la dans mon côté », ni réprimande, ni reproche. S’il te faut cela pour croire, touche mais « Cesse d’être incrédule ». Et Thomas exprime alors ce que les autres disciples n'avaient peut-être pas osé dire : « Mon Seigneur est mon Dieu », affirmation forte et irréversible !

À la fin du 1er siècles cet évangile dit aux chrétiens de l'époque, « heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Notre foi se fondera désormais sur le témoignage des autres. Mais la démarche de Thomas n'a-t-elle pas toujours une actualité ? Elle nous incite à enraciner notre foi dans une demande, une recherche de vérité qui bouscule habitudes, bienséances et convenances. Pouvoir douter, sans être condamné !

Par notre baptême, ne nous arrangeons pas de la part de mystère ou de magie dont nos rites pourraient enrober notre foi, nous empêchant d'aller toucher du doigt les cicatrices qui résultent de la folie des hommes. Osons approcher ces cicatrices pour avancer sur le chemin qui mène à la vérité et procure la vie.

Vianney Danet

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