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Un témoignage : Ce que je crois aujourd'hui

Gérard DUPONT
Religion
Pixabay - Creative Commons CC0

Jeune octogénaire, toujours bien engagé dans la vie, je ressens le besoin de faire le point dans un monde qui spirituellement et matériellement me semble à l'échelle du temps courir où l'on ne sait.

En tant que chrétien, le religieusement correct me gêne. Jean-Claude Guillebaud, écrivain et chroniqueur à La Vie a écrit récemment : « Nous avons besoin de gens qui interpellent l’Église. » Je l'ai pris au mot, entreprenant d'exposer sans détour mon rude chemin du croire.
Je reste catholique, religion de ma naissance et de mes ancêtres, celle qui m'a éveillé à une première expression de foi et fait découvrir cette force d'amour et de miséricorde qu'on appelle Dieu. J’éprouve maintenant à l’égard de toutes les religions une certaine méfiance. Je les considère comme des portails d'accès, pas des contraintes qu'il faut suivre.
Dieu est mouvement de vie et d'amour, échange entre personnes. Pour moi la Trinité, c'est Dieu, son Esprit et l'homme, tout homme, tous les hommes qui ont ce trésor enfoui au plus profond de leur conscience. Ce message passe par un homme élu, Jésus, mon grand frère que je n'imagine pas « fils unique ». Nous sommes tous fils de Dieu. Est-il la seule voie pour aller à Dieu ? Je ne le pense pas, mais c'est la mienne. Ce postulat trinitaire nous coupe de tout accord avec l'Islam et les autres religions monothéistes. Pouvons-nous prétendre être les seuls détenteurs de la Vérité en supposant que Dieu laisse des milliards d'hommes dans l'erreur ? Cela me rappelle mon curé qui pense que tout bon musulman est un musulman converti. C'est un point de vue que je respecte mais autant l’œcuménisme me semble une question que l'on ne devrait même plus se poser, autant nous n’avons pas d'autres solutions qu'un cheminement parallèle avec les autres religions monothéistes. Mais nous avons sans le déformer un même message essentiel à témoigner pour tous nos frères : aimons-nous les uns les autres comme nous sommes aimés.
Membre de la « conférence des baptisés », j'ai pris la position de « ni partir ni me taire », bien que ces propos n'engagent que moi-même. Je pense qu'en toute bonne foi des générations de chrétiens ont déifié Jésus. Je garde un profond respect pour l'ensemble des Écritures dites saintes. Elles restent notre référence, notre guide bimillénaire, mais comme chrétien post-conciliaire, sans tomber dans un relativisme intégral, je les interprète au deuxième degré et selon ma libre conscience.
Imaginer, innover, inventer de nouvelles formulations liturgiques plus accessibles au grand nombre de ceux qui s'éloignent sans bruit. C'est bien là ma motivation : parmi ceux qui s'éloignent, il y a une partie de mes grands petits-enfants, tous ceux qui sont sur les parvis et ceux qui ont rejoint les indifférents, et tous ceux qui sont au fond des églises et qui n'osent rien dire. Quel gâchis et pourtant quelle foi dans tous ces prêtres qui essayent de s'adapter, dans cette Église qui accueille de plus en plus d'initiatives et de mouvements dans la richesse de leur diversité ! Le fond est là, il manque la forme. Aller à la rencontre des autres là où ils sont, les écouter, leur parler dans un langage qu'ils comprennent.
Je vous soumets une prière que j'ai essayé de composer. Plusieurs théologiens et exégètes qui ne sont pas tous en odeur de sainteté au Vatican m'ont certainement influencé. Curieusement, je me sens libre et n'ai pas l'impression que l’Esprit Saint bloque mon raisonnement. Je garde l'essentiel, Jésus et cet Esprit qu'il nous a tous laissé en héritage. Je me garderai bien de savoir comment il est ressuscité, mais il revit tout simplement en nous.
Dans une mission que je continue, visite des hospitalisés, service diocésain, tout en évitant de les troubler par mes interprétations, j'essaye de témoigner de sa présence, de partager cette joie intérieure et cette sérénité qui m'anime.
« Être catholique, c'est partager non pas une doctrine que l'on peut discuter, mais une Présence que l'on peut respirer. Tout est là pour nous. » (Maurice Zundel)

Proposition de foi

Je crois en un seul Dieu, unique source infinie d'amour et de miséricorde, Présence immanente et invisible en tout être humain.
Je crois en Jésus fils de l'homme et choisi parmi les hommes pour transmettre le message divin : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il parcourut le chemin de la souffrance et de la mort. Il fut crucifié pour ne pas avoir renié ses convictions face à la cupidité des uns et à la lâcheté des  autres.
Il mourut et fut enterré; mais il revit dans la plénitude de Dieu et de son Esprit Saint, il est présent dans la communauté universelle de son Église.
Il reste disponible pour tous ses frères et sœurs invités à l'accueillir.
Je crois en l'offre divine de nous guérir et de faire de nous de véritables êtres humains, libérés.
Je crois en l'avenir divin de l'humanité, un avenir qui est Vie sans limites.
 

Gérard Dupont – Septembre 2017

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Les mots de la foi