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Sud de Nantes (Loire Atlantique)

Bernard OLLIVIER
Jibi44. Licence GNU. Nantes vue aérienne.

Expérience de célébrations dominicales animées par des laïcs au Sud de Nantes – Loire-Atlantique

Prêtre-responsable de 3 paroisses au sud de Nantes (25000 habitants sans doute). Habituellement une messe le dimanche matin dans chacune des 3 églises.

Mais depuis un certain nombre d'années (8 ans au moins... je ne sais plus), à l'initiative d'une des EAP (équipe d'animation pastorale), celle des Sorinières (commune de 7800 habitants), il y a au moins 3 dimanches par an une célébration de la Parole, animée par des laïcs.

C'est parti :

- d'une part du partage d'Évangile 1 fois par mois, 3/4 heure avant la messe, et donc d'un goût de la Parole partagée chez certaines personnes. Préparé avec 3 laïcs et moi-même (mais le matin même, je n'y suis jamais allé).

- et d'une certaine absence de prêtres (en 2003-2004, nous avons fait quelquefois des partages d'Évangile pendant l'eucharistie elle-même. Les gens étaient au courant avant et le prêtre proposait à quelques personnes de s'exprimer, lui-même disant un mot bien sûr...). Vers 2008, l'EAP saisissant que le rythme des prêtres ne s'améliorait pas et que l'âge avançait, est venue l'idée vite concrétisée d'une célébration de la parole le dimanche. Puis j'ai accepté une responsabilité dans un mouvement national qui me faisait être absent un certain nombre de week-ends par an (+ d'autres absences, comme des dimanches avec des catéchumènes).Donc nous avons pris le rythme. L'EAP disait : « Dans quelques années, il y aura moins de prêtres et moins d'eucharisties, commençons à nous former. » Ceci, alors que l'église la plus proche est à 10 minutes (nous sommes en banlieue).

Et c'est parti et ça continue ...

Dans la semaine précédente, des laïcs se réunissent, avec moi (même s'ils pourraient le faire sans et le feront un jour). Nous l'annonçons le dimanche précédent. Il y a un noyau de fidèles et d'autres.... Nous partageons sur les textes, l'Évangile principalement. Nous voyons comment poser quelques questions pour le partage. J'atteste que

ces personnes-là (qui pour certaines participent à des formations sur la Bible) ont un sens de la lecture commune de la Parole et c'est beau ! Avec l'habitude, il faut une heure et quart. Nous employons volontiers la prière d'action de grâces à Claude Bernard (sur son site). 

Concrètement, c'est une équipe qui conduit : ils se répartissent les rôles (y'en n'a pas un qui jouerait au président de la célébration comme s'il remplaçait le prêtre !). Dans chaque groupe de partage de la Parole (carrefours disséminés dans l'église ), il y a un animateur, dont la fonction est de réguler la parole des participants. Pas de mise en commun (c'est trop long et peu productif). Des essais de prière universelle spontanée par les gens mais on prend souvent les prières universelles des autres paroisses (ce qui est bien aussi, en communion avec elles). Nous choisissons souvent un texte non biblique (en lien avec l'évangile ) qui est lu après la communion ou un acte de foi original(contemporain). 

Nous avons choisi que la communion soit reçue : en lien avec les 2 autres communautés voisines qui vivent l'eucharistie.

Évidemment, il y a une assemblée réduite : 30, 40 personnes maximum (habituellement ici, c'est 150 à 200 « ordinaires »).

Mais certains qui ne disaient rien au départ dans le partage d'Évangile 20 mn à peu près) se sont risqués ensuite. Tout le monde a quelque chose à dire, même modestement !

Nous l'avons fait dans une autre paroisse où il y a plus de monde le dimanche. Plus difficile à gérer, sans doute, et pas de « volonté politique »actuellement d'avancer là-dessus.

Un jour que le conseil épiscopal (pour parler de l'avenir de la prise en charge des paroisses) a entendu quelques curés de paroisse dans des situations diverses (mi-temps, paroisse nouvelle, ensemble paroissial comme moi ou prêtre modérateur), j'ai partagé cette pratique. Pas de commentaires même si – après–, j'en entends certains dire : « Ce n'est pas nécessairement une solution d'avenir. » Ils se gardent – bien sûr – de dire quelles seraient les solutions d'avenir ! Ils n'en ont pas : donc cherchons ensemble ! Sans attendre que les prêtres meurent !

Et en faisant tout pour que les EAP veillent à ce que ce soit conduit dans un esprit de service de la communauté et dans une ouverture au monde,  nous ne sommes pas une secte, dernier reste de quelque chose qui se casserait la figure, mais une communauté qui – sans regarder sans cesse le nombre – prend les moyens de se ressourcer dans la Parole de Dieu.

Bonne route !

Amicalement 

Bernard Ollivier

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