Vous êtes ici

Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé

Donatienne HUYGHUES-BEAUFOND
Brooklyn Museum - Les pharisiens questionnent Jésus - James Tissot
James Tissot [No restrictions ou Public domain], via Wikimedia Commons

Dimanche 5 novembre octobre 2017 – 31e dimanche du temps – Mt 23, 1-12

Les pharisiens, encore eux(!), se font sévèrement critiquer par Jésus. Et pourtant c’était de bons juifs. De bons juifs qui cherchaient à être les plus religieux et les plus fervents et qui, pour cela, avaient concentré tous leurs efforts sur la Loi et l’avaient rendue si exigeante, que même eux n’arrivaient pas à satisfaire à toutes ses exigences… C’était de bons juifs, comme nous pouvons être de bons chrétiens tout en concentrant l’attention sur nos bonnes œuvres ou en étant cause de découragement pour les autres.  

Jésus leur fait trois reproches :

Tout d’abord, ils se permettent de dire ce qui est permis et défendu, ajoutent tellement d’exigences qui extrapolent ce que la Loi prescrit qu’en définitive, ils font la morale. Ensuite, ils disent et ne font pas : de parfaits hypocrites ! Puis un troisième reproche de Jésus, les pharisiens se montrent et montrent comme ils sont « bien-pensants », « bien-faisants », « bien-observant », ils cherchent les premières places dans les synagogues et dans les réceptions. Bref, ils sont bouffis d’orgueil et appellent l’attention sur eux. Ils n’ont rien d’autre à montrer qu’eux-mêmes. Ils ne conduisent qu’à eux-mêmes.

Jésus serait-il contre la morale ? Jésus ne peut pas être contre une « conduite bonne », bien sûr ; mais la pointe de son message n’est pas là : il nous montre, par cette diatribe contre les pharisiens, comment être attentifs à l’essentiel, comment la bonne marche du monde est à l’envers de cela, que c’est même tout le contraire de ce que font les pharisiens. Il nous dit que nous devons commencer par être humbles et par nous accueillir comme fils du Père, du seul Père. Dans l’évangile, jamais nous ne voyons Jésus commencer par donner une leçon de morale : il fait et il dit, ce qui est bien différent. Sa vie est d’abord une vie ordinaire : il naît dans une étable, on le couche dans une mangeoire, et pendant 30 ans il vit comme caché aux yeux des hommes.  

Parce que son cœur est doux et humble, son fardeau est léger, avec Lui nous ne sommes jamais écrasés ; si nous le suivons en nous laissant façonner par son humilité et sa présence, nous sommes conduits au Père, car il est, le chemin vers le Père ! C’est Lui, notre maître et Seigneur, qui s’agenouille et nous lave les pieds avant de nous demander de le faire les uns pour les autres.

Il dit et il fait, c’est ce maître-là que nous devons contempler et suivre, dont nous devons appliquer la Loi pour marcher, avec nos frères, heureux et libres vers notre Père. Mettons nos pas dans les siens, simplement mais à son rythme et avec confiance, Lui qui est le chemin. Contemplons comment Jésus de Nazareth a vécu et recevons de lui la grâce de faire de même, ainsi qu’il nous l’a demandé.

Avec Lui, qui est doux et humble de cœur, dans un cœur à cœur entretenu par la prière, nous serons crédibles ; alors nous montrerons le Père, on entendra dans nos paroles celles de notre Seigneur et maître Jésus le Christ.
 

Donatienne Huyghues-Beaufond

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire