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Un Royaume des cieux en devenir ...

Anne-Joëlle PHILIPPART
Trésor
Pixabay - Creative Commons CC0

Dimanche 30 juillet 2017 – 17e dimanche du temps ordinaire – Mt 13, 44-52

Un Royaume des cieux en devenir où nous agissons comme des artisans de Lumière construisant le rêve de Dieu.

Au cœur de l’été, ce temps offert pour jeter l’ancre, souffler et méditer, les textes de ces dernières semaines nous invitent à réfléchir au Royaume des cieux, cette promesse lointaine qu’ont chantée les Écritures, relayées par nos mères et nos pères. Comme les Hébreux dans le Premier Testament, ils y croyaient. Leur foi en un avenir meilleur les a aidés à vivre et survivre dans les guerres, les épidémies, les injustices, les famines, les oppressions. Toute une humanité, en chemin, en a rêvé de cet autre futur où Dieu essuiera toute larme de leurs yeux (Ap 21,4). Mais où est-il ce Royaume ? Qui est-ce Dieu, jardinier du monde, semeur patient, négociant attentif, père miséricordieux ?

Certain répondront que ce Royaume viendra après notre mort… Ah, donc ici-bas, pas d’espoir ? Rien à faire ?… Hum, qui sait ?

La première parabole nous invite à creuser un champ pour y trouver un trésor et ensuite le cacher à nouveau. Étrange comportement… bien peu chrétien !

Et si nous étions invités à creuser notre propre humanité pour y trouver le trésor que Dieu a caché en chacun de nous ? Nul besoin de s’en prévaloir. Ce trésor discret, cadeau de Dieu, est là, pour servir nos sœurs, nos frères et fertiliser le champ de la terre où nous vivons notre quotidien. Comme pour la poule aux œufs d’or, ce trésor doit rester enfoui, au creux de notre chair, pour fructifier. Et si ce trésor était aussi un peu cette étincelle du divin en nous qui nous guide dans la quête du sens à donner à notre vie ? Ce Dieu proche, cette présence discrète et fragile agit alors en nous et avec nous, chaque jour, peu à peu, pour faire advenir une terre où les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle (Mt 11, 5). Ainsi, le Royaume des cieux est déjà en marche et nous y devenons les artisans qui, pierre après pierre, construisent l’idéal que Dieu a rêvé pour sa création.

La deuxième parabole change de perspective. Nous ne cherchons plus un trésor dans un champ. C’est le négociant, infatigable Éternel qui parcourt la terre à la recherche de la perle unique, de la brebis perdue, du fils prodigue, de la piécette égarée. Il y croit, ce Dieu parcourant la terre. Il sait, il cherche… Il nous trouve. Il nous dit : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 30)

La troisième parabole parle de la fin des âges, de la séparation des bons et des méchants, du temps des pleurs et des grincements de dents… Cela peut faire peur. Cependant, retournons aux paraboles précédentes de Jésus. Il nous parle du Mauvais en action, des ronces qui étouffent, du manque de racines qui fragilise, des épines qui éloignent de Dieu, de l’ivraie qui s’immisce au cœur de la bonté. Oui, dans ce monde, il y a le bien et le mal qui s’enlacent. Dieu le sait. Il est patient. Le roseau froissé, il ne le brisera pas et la mèche fumante, il ne l’éteindra pas (Mt 12, 20). Comme pour Salomon, il essaie de nous donner un cœur intelligent et sage pour nous aider à discerner tout au long de nos jours.

Un Dieu jardinier attentif, un réservoir de talents offerts, un Royaume qui lentement advient…Tous ces trésors trouvés donnent sens à nos vies. Le chercheur d’absolu, logé au cœur de notre être, ose alors, peu à peu, lâcher prise sur bien des paillettes et mirages du monde pour rentrer dans la logique du Royaume. Patient, Dieu, lui, attend que tous ces trésors deviennent comme les instruments d’un orchestre jouant un hymne à la joie éternelle.

Anne-Joëlle Philippart

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