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Pêcheurs d’hommes

Sylvie TAMARELLE
Sylvie Tamarelle

Dimanche 21 janvier 2018 – 3e dimanche du Temps ordinaire – Mc 1, 14-20

Un homme passe . Il appelle et voilà que ces hommes interpellés quittent tout pour le suivre et aussitôt ! C’est impensable ou bien l’histoire a dû être raccourcie ! Ces hommes ont-ils posé des questions, réfléchi, discerné ce qui était bon pour eux ? Pesé le pour et le contre ? Il ne semble pas : c’est l’appel qui est le plus fort !

Mais qui est cet homme pour que, sur une seule parole, ils le suivent ?

Le royaume de Dieu qui s’approche, c’est énigmatique, tout autant que cette parole : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Pas d’explication sur la mission : on dirait un slogan, voire un jeu de mots ! Et pourtant ils laissent tout…

Mais qui sont ces hommes ?

Simon et André, l’eau jusqu’à la ceinture, lancent le filet, l’épervier. Ils ont dû faire ce geste des milliers de fois : le mouvement est précis et technique. Le filet plane quelques instants comme suspendu dans l’air, il se déploie et retombe sur l’eau comme un voile qui coule lentement dans les eaux poissonneuses du lac. C’est  leur quotidien. C’est leur façon de gagner leur subsistance. Ils n’ont sans doute pas fréquenté beaucoup l’école mais ils ont acquis une intelligence pratique et il faut du cœur à l’ouvrage. Est-ce ce cœur que Jésus a détecté ou mise-t-il sur la capacité à changer de chacun ?

Jacques et Jean, un peu plus loin, reviennent de la pêche, c’est une histoire de famille, il y a le père Zébédée qui a transmis sa passion et son savoir-faire à ses fils : peut-être s’assure-t-il que la pêche se déroule comme elle s’est toujours pratiquée. Il y a une barque et des employés : là, c’est déjà une petite entreprise familiale  Dans la barque l’espace est réduit. Chacun doit trouver sa place et les gestes des uns doivent être coordonnés  aux mouvements des autres. Il faut faire équipage. Et quand le temps est venu après la pêche de réparer les filets, personne ne se défile, la tâche est importante tout autant que la pêche. Est-ce cette capacité à faire équipe, à aller au bout de la tâche, que Jésus a aperçue chez ces deux frères et qui fait qu’il les appelle à le suivre ?

Nous ne le saurons jamais. C’est ainsi.

Il y a les Saints qui ont su tout quitter, et il y a eu depuis des siècles, des foules d’anonymes qui ont pris leur place dans la chaîne des témoins. Le mystère, c’est que Jésus appelle et continue d’appeler aujourd’hui. L’autre mystère, c’est que des hommes des femmes continuent de dire oui à cet appel.

Simon et André, Jacques et Jean, cela peut être vous ou moi, pris là dans notre quotidien, appelés à devenir pêcheurs d’hommes en étant témoins de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit avec ce que nous sommes. Il n’est pas question de comprendre, plutôt de faire confiance et d’aller plus loin, d’oser un pas de plus chaque jour. Suivre le christ commence par un acte de foi.

Seigneur, approche-toi encore, appelle-nous encore et encore, convertis nos cœurs, encore, encore et encore.
 

Sylvie Tamarelle

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