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Paroisses de Notre-Dame de Vaucluse et des Lauzes (Jura)

Armand ATHIAS

Pour préparer une assemblée dominicale autour de la Parole : réflexions des équipes liturgiques des paroisses de Notre-Dame de Vaucluse et des Lauzes les 19 octobre et 11 décembre 2012 et des équipes liturgiques des paroisses de Notre-Dame de la Petite Montagne, de St Jean-Marie Vianney et du Val Suran le 12 mars 2013

1. Avant le « comment ? », le « pour quoi ? »

Avant de répondre à la question du « comment ? » il convient toujours d’avoir en soi la réponse à la question du « pour quoi ? ». Si on ne sait pas « pour quoi » il convient de bâtir une célébration de la parole, si même on en reste au « pourquoi » (« parce qu »’il n’y a pas de prêtres, etc.), la tentation va être énorme de faire de la technique et non de la « célébration ». Ce qui va être dit ici n’aura de sens que si on s’est préalablement posé la question du « pour quoi ? » et donc du « pour qui ? ». Des « règles liturgiques » ne peuvent s’appliquer de la même manière dans une chapelle d’hôpital, une salle d’EHPAD avec des personnes atteintes d’Alzeihmer, une assemblée de personnes handicapées mentales ou dans une paroisse… La « pastorale » demande adaptation et non application !

Ce qui est premier dans toute liturgie, ce sont en effet les personnes qui sont là. « D’abord les gens. Ensuite les plans » (Jean-Claude Menoud, Vic. Gén. de Besançon). Il faut signifier d’abord et avant tout que pour Dieu, ce sont les hommes qui comptent, qu’ils ont du prix à ses yeux. Les gens tels qu’ils sont... mais pas tels qu’ils doivent rester ! La célébration a un objectif : faire de ces personnes telles qu’elles sont un « peuple », un peuple de vivants de Dieu ! « L’Église est dans le Christ en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. » (Lumen Gentium § 1). Une équipe qui prépare une ADAP entend faire vivre un rassemblement !

De fait, tels que nous sommes, nous sommes des êtres en construction, aux vies si souvent divisées, intérieurement, extérieurement. Dans nos vie de relations (familles, villages, options politiques…), c’est si souvent le vivre-ensemble qui pose problème. Dans nos vies personnelles, il en est de même (pas évident de faire vivre-ensemble vie de santé, vie professionnelle, vie affective, vie familiale !). Or le projet du Dieu de la Bible est justement de ne pas laisser les choses dans cet état de divisions. L’unité du genre humain est son grand projet. Jésus en est même mort de vouloir rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Sa mort « accomplit » ce projet et les rites de l’Église servent à signifier comme « déjà là » la réalisation de ce projet de Dieu à venir en plénitude  Toute « assemblée » (cf. étymologie du mot « Église ») « signifie » et « réalise » déjà cette union intime avec Dieu et cette unité du genre humain. Toute « liturgie » est une action pour donner au genre humain le goût d’être uni, d’être peuple (cf. étymologie du mot « Liturgie »). Se rassembler le dimanche, jour de la résurrection du Christ, est essentiel, même s’il n’y a pas de prêtres pour célébrer l’Eucharistie. C’est un signe offert au monde !

Nous croyons que le Ressuscité offre aux hommes sa présence réelle, non seulement dans l’Eucharistie, mais d’abord « lorsque deux ou trois sont réunis en son nom » et lorsque la Parole de Dieu est proclamée. Croyons-nous assez en cette présence réelle là aussi ?

Animer une célébration de la Parole, c’est dire quelque chose du visage de ce Dieu qui est venu ainsi « faire conversation » avec l’homme (expression de Paul VI dans Ecclesiam Suam 66) pour construire avec Lui l’unité du genre humain. Faire Assemblée Autour de la Parole dans le cadre d’une célébration liturgique, c’est vouloir se joindre au projet de Dieu, l’annoncer, le célébrer, en vivre. Cela veut dire qu’il serait fort inconvenant que la célébration soit préparée ou menée par une seule personne ! Le fait même qu’il y ait plusieurs personnes dans le rôle de la préparation, de l’animation est déjà parlant du projet de Dieu.

D’où (pour en arriver à la question du « comment ?»), la première question d’une équipe qui bâtit une célébration doit être « comment les gens vont être ensemble et trouver le goût d’être unis dans le sens du projet de Dieu ? 4 temps paraissent nécessaires pour vivre bien une « célébration autour de la Parole » :

   1- Se parler ;

  2- Écouter Dieu parler ;

  3- Répondre à Dieu en lui parlant ;

   4- Parler du Royaume à tous par nos vies.

 

2. Pistes pour préparer une A.D.A.P.

Tout ce qui va être dit ci-dessous n’est que suggestions, propositions, réflexions. Il ne s’agit surtout pas d’en faire des règles absolues, impératives, obligatoires et... décourageantes ! La pastorale, y compris liturgique, est l’art de l’adaptation. Un art a ses règles, mais les règles bien appliquées ne forment pas forcément une œuvre d’art ! Des liturgies peuvent être parfaites au niveau technique, mais ne créer aucune émotion ! « Terre écoute !... Que m’importe l’encens importé, le roseau odorant qui vient d’un lointain pays ? Vos holocaustes ne me plaisent pas. Vos sacrifices ne m’agréent pas. Mais si vous améliorez réellement vos voies et vos œuvres, si vous avez un vrai souci du droit, chacun avec son prochain, si vous n’opprimez pas l’étranger, l’orphelin et la veuve... alors je vous ferai demeurer en ce lieu... » (Jr. 6,19 sq). Heureusement ( !) il n’y a pas (encore !) pour les ADAP de Présentations Générales (comme pour le Missel Romain). Nous sommes donc encore pleinement libres ! Profitons intelligemment et « chrétiennement » de cette liberté. Ce n’est pas à partir des expériences d’ADAP en la basilique St-Pierre de Rome que le Vatican nous donnera des consignes en la matière, mais bien à partir de ce que nous vivons et vivrons dans nos communautés locales, y compris en Petite Montagne !

 

2-0 Avant la célébration

  • « Se préparer soi-même » intérieurement avant de « préparer » les choses. Se rappeler la mission qui nous est confiée par un Autre et en son Nom, de « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés ». On n’est jamais « fier » quand on commence à se lancer dans de telles célébrations.

  • Préparer les choses avec précision (déroulement de la célébration, objets nécessaires, préparation du « décor » des lieux, précision du « qui fait quoi ? », etc.) Ce n’est que quand tout est prévu qu’on peut faire face aux imprévus (et il y en aura !). Il convient évidemment de s’inspirer de documents proposant des pistes (signes, fiches dominicales, internet...) mais en évitant de se contenter de copier-coller ! Le choix initial d’un thème permet de ne pas partir dans toutes les directions !

  • Il n’est pas forcément nécessaire, au contraire, d’habiter l’église comme lorsqu’il y a eucharistie (mettre les chaises ou les bancs autrement, se rassembler dans un autre lieu que la grande nef, prévoir des déplacements d’un lieu à un autre...).

  • Si on est dans une église, disposer les lieux de telle façon que ce soit l’ambon qui soit mis en valeur, l’autel étant normalement nu (sans nappe, bougie, etc.). L’ambon n’est pas un pupitre quelconque. Le Livre de la Parole n’est pas une revue mensuelle du type « prions en Église ». La mise en relief du lieu est à travailler (décoration florale, bougies allumées, apport un peu solennisé du lectionnaire, banderole ou panneau...). Il conviendra de laisser à l’ambon son rôle de symbole du lieu où Dieu donne sa Parole (et donc prévoir un autre lieu et un autre micro pour l’animation de l’assemblée).

  • Les sièges des membres de l’équipe d’animation seront disposés de façon à ce que soit perçu le fait qu’il s’agit bien d’une « équipe ». Évidemment, ne pas occuper le siège où le prêtre se met habituellement.

  • L’équipe d’animation se sera réparti les rôles : une personne animatrice servant de « fil rouge », une personne chargée de signifier la relation à Dieu (signe de croix, oraison, lecture de l’évangile…), une personne chargée des gestes à faire ou à faire faire, une personne chargée de l’animation des chants… Quelqu’un pour rester au fond de l’église afin d’accueillir aussi les retardataires.

 

2-1 1er temps d’accueil : Se parler !

Plan possible (ordre des éléments à définir en fonction de ce qui est proposé) : accueil personnalisé, mot d’ouverture, partage à partir d’un visuel ou autre, chant, signe de croix, oraison…

Quelques points d’attention :

  • Soigner l’accueil en faisant comprendre à quel point chacun est reconnu pour lui-même dans ce qui va devenir une assemblée. Cet accueil doit être décontracté et non formel, non guindé avec de petits détails à soigner : donner des feuilles de chants (et non pas les placer sur une table à l’entrée), inviter à aller à telle ou telle place, offrir son temps pour se dire bonjour, pour échanger des nouvelles, etc. ;

  • Avoir une attention particulière pour l’accueil des enfants et leur place dans l’assemblée ;

  • Les animateurs de l’ADAP sont baptisés parmi d’autres baptisés. Leur place dans l’animation doit aussi signifier cela en évitant si possible le face à face avec l’assemblée (mais est-ce toujours possible en fonction des lieux, des micros, etc. ?) ;

  • Par l’accueil de chacun, l’assemblée a commencé à se constituer. Un mot d’accueil pour tous est nécessaire avec par exemple un « merci » à destination de ceux qui ont préparé l’église, mis le chauffage, etc. ;

  • Ce mot d’accueil n’oubliera pas de « faire parler les absents » : le prêtre retenu ailleurs, les autres absents : malades, personnes en voyage..., les autres communautés du secteur réunies au même moment etc. ;

  • Il est possible de prendre un temps pour « faire parler nos ancêtres dans la foi » par exemple en se rappelant l’histoire de l’église dans laquelle on se trouve ou en regardant tel tableau ou telle statue avec la découverte de la vie du saint qui y est représenté, etc. ;

  • Il est possible aussi de « faire parler l’actualité » à partir d’un événement de la semaine, ou d’un fait d’actualité ou du thème du jour (cf les dimanches à thèmes !) ;

  • Prendre le temps d’un chant, le plus possible connu de tous et favorisant la participation du plus grand nombre avec un refrain consistant pour aider l’assemblée à se constituer ;

  • Souligner le signe de la croix comme le moment « solennel » marquant véritablement le temps de l’entrée en célébration. Ce moment permet de faire sentir que le fait de « se parler » passe à une nouvelle étape : ce n’est pas seulement en notre nom qu’on se parle, mais aussi et d’abord au nom de la foi qui nous anime, « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », au nom de ce Dieu qui veut pour nous ce qu’il vit en lui-même, une communion de personnes dans l’amour ! Il faut chercher à bien mettre en relief ce signe de croix (par exemple en invitant les gens à regarder vers la croix sur la poutre de gloire ou vers le grand crucifix de l’église, ou en temps pascal d’approcher de la cuve baptismale, etc.) ;

  • Ce moment du signe de la croix peut être accompagné par d’autres signes : bougies à allumer à ce moment-là, et à amener près de l’ambon, déplacement vers le lieu où on va écouter la Parole, visibilité de l’équipe animatrice de la célébration qui prend sa place dans le chœur, invitation faite aux personnes présentes de déposer un objet, etc.) ;

  • La célébration pénitentielle habituelle au début de chaque eucharistie peut avoir sa place dans ce moment d’accueil, mais peut aussi être très facilement déplacée lors d’une ADAP, et notamment dans la 3e partie, comme réponse à la Parole de Dieu ;

  • Que cette première partie de l’ADAP se termine par une invitation à prier d’abord dans le silence puis par une oraison continuant cette « mise en présence de Dieu ». Si cette oraison est écrite sur la feuille de chants, elle peut être exprimée par tout le monde.

 

2-2 2e temps : Écouter Dieu parler

« Dans les Saints Livres, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux. » (Vatican II. Dei Verbum, § 21) On est habitué à la liturgie de la Parole durant une Eucharistie. Dans une « Célébration de la Parole » le temps est donné plus largement encore et le rite est moins contraignant. Il est donc possible de mettre en valeur ce côté « conversation » de Dieu avec nous, en mettant en relief le fait qu’il s’agit d’une conversation « de Dieu », et « avec nous » c’est-à-dire avec tous (ceux qui nous ont précédés et qui ont déjà entendu cette Parole dans leur contexte à eux, ceux qui vivent dans l’assemblée d’aujourd’hui, ceux qui entendent ailleurs qu’ici cette Parole, ceux qui l’entendront un jour par nous...).

Plan possible : introduction aux lectures pour permettre à tous d’y entrer, mise en valeur du livre, proclamation des textes, commentaire ou partage entre les participants, temps de silence et de recueillement, chants, oraison...

Quelques points d’attention :

  • L’introduction à la liturgie de la Parole (invitant à s’asseoir) est une mise en appétit du contenu des textes que l’on va entendre. Elle est doit être relativement brève et se terminer par l’appel (par le prénom !) de la personne désignée auparavant pour faire la lecture. Il est bien que les lecteurs viennent de l’assemblée. Attention à ce que cette liturgie de la Parole ne soit pas l’affaire que des animateurs ou membres de la chorale ;

  • La liturgie de la Parole dans une ADAP peut respecter le schéma habituel d’une Liturgie de la Parole au cours de l’Eucharistie (c’est une manière de vivre en lien avec les autres communautés chrétiennes), mais il est aussi possible de faire autrement (déplacer telle lecture à un autre moment de la célébration, ne prendre qu’une lecture, etc.) ;

  • Bien signaler aux lecteurs d’avoir à préparer par avance la proclamation du texte (« lire la lecture comme on lirait la lettre d’un ami à des amis ! »). Le lecteur doit avoir compris ce qu’il lit ! Il aura été invité auparavant à manifester devant tous combien pour lui le Livre de la Parole est important (inclinaison, Lectionnaire porté avec déférence, etc.) ;

  • Vérifier que le lecteur a, comme premier réflexe, d’ajuster à sa bouche la hauteur du micro ;

  • Laisser un temps de silence après les lectures et toujours veiller à enchaîner tranquillement les divers moments de la célébration ;

  • Il semble plus approprié que ce soit un membre de l’équipe d’animation qui soit chargé de la lecture de l’Évangile. Il est possible que des enfants fassent une couronne de lumière autour de l’ambon à ce moment-là ;

  • Un temps d’appropriation personnelle et communautaire de cette Parole, en lien avec la vie concrète, est à prévoir. Un des animateurs (si possible autre que celui qui a lu l’Évangile) peut offrir un commentaire des textes lu par ailleurs ou composé par lui-même ou lire l’homélie que le prêtre de la paroisse a préparé pour une autre communauté et a laissé à l’équipe d’animation, ou après un temps de silence demander aux participants de proclamer tout haut une phrase du texte entendu ;

  • Là où la disposition des églises le permet, il est possible aussi de prévoir de temps en temps, un moment d’échange sur la Parole de Dieu entre les participants. Il convient alors qu’une question précise soit écrite sur la feuille de célébration (par exemple : « qu’est-ce que j’emmène pour ma semaine de cette Parole entendue ? ») ;

  • Un commentaire d’évangile peut aussi s’inspirer d’un travail fait en catéchèse sur tel ou tel texte ayant servi de lectures ce jour-là ;

  • Surtout quand il y a eu « partage de la Parole » entre les participants, il est bon de terminer par un texte (lu ou/et distribué) d’un commentateur « expert » (Pères de l’Église, exégète ou théologien, saints...) commentant cette même Parole ;

  • Un chant reprenant le thème des textes de la Parole entendue peut faire la transition entre la liturgie de la Parole reçue et la réponse que l’assemblée va offrir en retour ;

  • Une oraison peut aussi conclure ce temps de la liturgie de la Parole.

 

2-3 3e temps : Répondre à Dieu en Lui parlant

Ce n’est peut-être pas la partie la plus facile à réaliser. Si vraiment la Parole « de Dieu » est venue jusqu’à nous, nous aurons envie de lui donner notre parole à nous, en lui offrant notre foi parce que nous avons perçu qu’il a cru en nous, en lui offrant notre prière parce que nous avons perçu que nous avons bien besoin encore de sa présence, en lui offrant notre merci parce que c’est vraiment un cadeau que de pouvoir ainsi s’entretenir (s’entre/tenir) avec lui et entre nous, en lui offrant notre désir de le faire connaître parce que nous sommes heureux de sa Parole.

Plan possible : prière pénitentielle, proclamation de la foi, prière universelle, action de grâces, psaumes, Notre Père, en ayant eu auparavant le souci de bien équilibrer les diverses manières de participer : chants/ textes lus par un soliste/texte dit par tous/refrain/silence...

 

Quelques points d’attention :

  • Il est bien qu’une personne de l’équipe d’animation fasse le « fil rouge » de cette partie et rappelle régulièrement comment les éléments qui y ont été intégrés sont réponses à la Parole entendue de la part de Dieu. Pour bien manifester qu’il s’agit d’une réponse à Dieu, cette personne peut avec avantage ne pas être tournée vers l’assemblée mais vers l’ambon ;

  • Les psaumes sont des paroles humaines et des attitudes spirituelles séculaires reconnues comme inspirées par Dieu lui-même pour bien s’adresser à lui. Ils ont donc une place de choix à prendre dans ce 3e temps ;

  • La réponse de foi peut prendre la forme « symbolique » de la proclamation du « symbole des apôtres » ou du « symbole de Nicée-Constantinople » comme à l’eucharistie dominicale. Par ces mots, l’assemblée comprend que sa foi d’aujourd’hui rejoint celle dite par les mêmes mots depuis au moins 16 siècles, et par les autres chrétiens d’aujourd’hui. Éventuellement, elle peut exprimer sa foi par un chant d’aujourd’hui, par des témoignages venant de l’assemblée, etc. ;

  • La prière universelle respecte les mêmes règles que lors d’une Eucharistie : intentions courtes dont on peut se rappeler, et ancrées dans l’actualité, refrain connu de tous, etc. En certains cas, une prière universelle spontanée peut être proposée (mais prévenir alors l’assemblée au début de la rencontre ou proposer un temps de silence pour que les personnes puissent concevoir l’intention qu’ils veulent partager) ;

  • La prière d’action de grâce ou de louange est généralement à prendre dans les revues liturgiques spécialisées qui en proposent de très belles, en lien avec la liturgie de la Parole. Elle peut aussi se réaliser à partir d’un chant (cf Nous chanterons pour toi Seigneur... Que tes œuvres sont belles...etc. ) qu’on développera tranquillement et largement ;

  • Une prière venant de l’histoire de l’Église peut être intégrée dans ce moment-là (surtout si dans le 1er temps on a contemplé par exemple le tableau représentant le patron de la paroisse et qu’on ait un texte de lui) ;

  • La prière pénitentielle (surtout en temps de carême) peut être mise en relief dans ce temps de réponse à la Parole de Dieu ;

  • Présenter la prière du Notre Père comme la vraie réponse « chrétienne » (puisque venant du Christ).

 

N.B. Communion ou non ? Même si exceptionnellement et pour des raisons explicités, en accord avec le curé de la paroisse, la distribution de la communion peut éventuellement être envisagée, il convient d’éviter de le faire puisqu’il n’y aura pas eu auparavant la Prière Eucharistique et le récit de l’institution où le Christ qui se donne à nous s’est d’abord présenté à nous comme s’offrant à son Père, en nous emmenant avec nous ! Une Assemblée Autour de la Parole doit mettre en valeur la... Parole ! La réserve eucharistique est faite pour les membres souffrants de l’,glise qui ne peuvent se joindre à l’assemblée dominicale. Aux personnes qui ne viennent aux ADAP que si la communion est distribuée, il faut faire comprendre à quel point le Christ est aussi présent réellement et dans l’assemblée et dans la Parole.

 

2-4 4e temps : Envoyés pour parler de Dieu et de son Royaume, par nos vies !

Ce dernier moment n’est pas à considérer d’abord comme la fin d’une célébration, mais comme un envoi missionnaire ! Il convient de se poser la question non pas « comment on va terminer l’ADAP ? », mais « à quoi cette ADAP nous envoie ? ». Entrer dans le projet de Dieu de bâtir l’unité de l’humanité, c’est commencer illico par vivre un premier geste de convivialité et de solidarité qui signifie qu’on a bien compris que c’est dans ce sens-là qu’il faut aller. « Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun ? » (Ac 2, 42-47)C’est donc à ce moment-là que peuvent se situer le baiser de paix, la quête, etc. en leur donnant tout leur sens de fraternité à bâtir, de partages à vivre, etc. Les annonces permettront de sentir combien l’assemblée du dimanche se continue dans la semaine et le « verre de l’amitié » conclura symboliquement la célébration, non comme une annexe sympa à celle-ci mais comme le dernier temps de celle-ci, manifestant déjà quelque chose du « banquet céleste » de la fin des temps !

Plan possible : baiser de paix, annonces, sens de la quête et quête, musique, oraison finale, envoi, verre de l’amitié.

Quelques points d’attention :

  • L’introduction à cet envoi doit clairement manifester à quel point l’envoi fait partie de la Parole de Dieu entendue et de la réponse à lui offrir ! Les différents moments de cet « envoi » sont là pour « dire » quelque chose de ce qui reste à vivre dans la semaine : le baiser de paix, les annonces, la quête, la prière et... le verre de l’amitié ;

  • Les annonces sont à présenter non comme un calendrier d’activités disparates, mais comme la diversité de la manière dont les membres de notre assemblée vont répondre à la Parole de Dieu... dans l’attente du prochain rassemblement dominical à annoncer en dernier !

  • La quête est à présenter comme un signe du partage nécessaire entre chrétiens pour la vie du monde. Il convient donc d’en donner la destination (pour la paroisse, pour telle ou telle œuvre, pour le Secours Catholique, etc.). Il peut être bon que de temps en temps l’assemblée sache en retour combien le Secours Catholique a reçu de l’assemblée du 3e dimanche de novembre, etc. ;

  • Une oraison un peu développée peut être dite par tout le monde. Emmenée par chacun, elle pourrait être proposée comme à redire chaque jour individuellement ;

  • L’invitation à repartir n’est pas seulement un « allez... », mais un allez au nom du Père et du Fils et du St-Esprit. L’invitation au signe de la croix final doit être compris dans ce sen avec une formule comme : « Et maintenant allons dans nos lieux de vie mais au nom du Dieu qui vient de nous parler. Que ce Dieu nous garde dans l’amour et dans sa paix. Qu’il nous bénisse, le Père, le fils et le St-Esprit ! » ;

  • Un beau chant final connu de tous (et pourquoi pas de temps en temps accompagné par un battement des mains) donnera le ton de la semaine à vivre et dès maintenant du « verre de l’amitié » !

  • Le verre de l’amitié est certainement ensuite le rite le plus facile à organiser et pas forcément le moins parlant ! Il est à voir non seulement comme un temps sympa entre nous, mais comme le premier temps vécu de l’envoi. En temps de carême, les gâteaux remplacés par des morceaux de pain sont tellement parlants !

 

2-5 Après la célébration

Il est absolument nécessaire que l’équipe animatrice se retrouve après la célébration pour en faire une relecture, à partir de ce qu’ils auront entendu de la part des personnes présentes et à partir du projet envisagé initialement.

Ces quelques notes (partagées après l’expérience filmée de l’ADAP de Chaveria le 15 juillet 2012 et des expériences d’ADAP de Notre-Dame de la Petite Montagne et du Val Suran le 10 mars 2013) pourront ainsi être encore plus ADAP...tées et enrichies.

Notes mises au propre par Armand ATHIAS

Rubrique du site: 
Témoignages. Célébrations dominicales de la Parole.
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