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Nouvelles orientations pastorales de l'Église dans le canton de Fribourg

Jacques BERSET
Jacques Berset

La partie francophone du canton de Fribourg dispose de nouvelles orientations pastorales qui [ont été] présentées officiellement par Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, lors d’une messe festive à la cathédrale Saint-Nicolas, le dimanche 4 juin 2017, fête de la Pentecôte.


Pour rédiger ces orientations pastorales, fruit de la démarche lancée en automne 2016 par Mgr Rémy Berchier, vicaire épiscopal pour la partie francophone du canton de Fribourg, le groupe de travail a utilisé comme base de réflexion les résultats du sondage “Dites-nous tout”.
Effectué par l’entreprise de conseil en management TC Team Consult SA à Genève, cette large enquête sur l’avenir de l’Église en terre fribourgeoise a obtenu entre 1000 et 1500 réponses, selon les questions posées.
Bravo ! Voici un sondage qui se révèle être un véritable outil de travail, dont découlent des orientations pastorales qui visent à remettre le Christ au centre du message !

Plus on est jeune, moins on se sent proche de l’Église
[…] Le sondage compte certes avec une marge d’erreurs d’environ 3% et son importance est davantage qualitative que quantitative. S’il n’a pas été fait sur la base d’un échantillon représentatif (classe d’âge, sexe, région, etc.), les classes d’âge sont cependant bien représentées, ainsi que les régions. Le rapport hommes-femmes est quasiment à l’équilibre.
Il s’agit cependant d’un sondage où les pratiquants sont surreprésentés, alors que les personnes peu ou pas pratiquantes sont sous-représentées. Les distancés de l’Église (30% des réponses) ont une pratique très sporadiques (cérémonies de Pâques, Noël, baptêmes, mariages, enterrements, etc.)
Il ressort aussi de l’enquête que plus on est jeune, moins on se sent proche de l’Église. Dans leur majorité, les sondés souhaitent de la part de l’Église un message plus actuel, plus centré sur la réalité vécue au quotidien, des messes plus courtes, plus animées et plus joyeuses, des activités spirituelles, une présence également en dehors de l’église. La place des femmes doit être renforcée ainsi que la solidarité et les actions envers les pauvres et les exclus.
La culture religieuse présente chez les plus âgés n’existe pratiquement plus chez les jeunes, qui trouvent le message de l’Église trop éloigné des réalités concrètes. Savoir comment atteindre la jeunesse est ainsi une priorité. Les moments-clés de la vie (les cérémonies de baptême, de mariage, d’enterrement, etc.) touchent encore un large public et doivent être valorisés.

Les personnes éloignées de l’Église ne ferment pas la porte
Une partie d’entre elles seraient disposées à s’y intéresser davantage si elle était moins dans la doctrine, moins moralisante et plus proche des questions quotidiennes actuelles. Concernant le langage de l’Église, 60% considèrent qu’il est peu compréhensible et plutôt hermétique. Il est important de voir que c’est le groupe des 20–39 ans qui a le plus de peine à comprendre ce langage. Tant les pratiquants que les éloignés de l’Église attendent une autre manière de communiquer, plus claire, moins “surnaturelle”.
La figure du Christ, contrairement à l’institution ecclésiale, est vue comme positive par l’ensemble des personnes interrogées. Ceci doit certainement être développé dans la communication de l’Église, poursuit le sondeur.

La figure du pape François est plébiscitée par tous
Dans ce contexte, la figure du pape François est plébiscitée tant par les personnes proches de l’Église que par celles qui en sont éloignées. Mais dans la moitié des cas où le pape François est mentionné, les sondés relèvent le décalage entre ses propos, reçus positivement, et ce qui se vit localement. Les pratiquants critiquent souvent le “manque” de joie, notamment dans l’animation des cérémonies. Par ordre de priorité, pour les personnes interrogées, le rôle de l’Église est de faire connaître le Christ ainsi que de célébrer les sacrements (60% des sondés), de mener une action sociale avant d’investir dans les bâtiments (52%), et de mener des actions communautaires (36%).
L’action sociale de l’Église recueille le plus de faveur de la part de ceux qui sont éloignés de l’institution. S’il faut économiser, ce n’est pas dans l’engagement social qu’il faut le faire, mais éventuellement dans l’entretien des bâtiments. “Afin de savoir si une personne croit en Dieu, il faut l’écouter parler du monde, pas de Dieu !”, disait la philosophe humaniste Simone Weil. […]

8 orientations pastorales
Pour le vicaire épiscopal Rémy Berchier, ce sondage n’est pas un but en soi, mais un outil de travail. Les 8 orientations pastorales résultant de la confrontation des agents pastoraux (prêtres, diacres et laïcs) avec les résultats du sondage leur ont permis de dégager des pistes pastorales. Avant leur rédaction définitive, elles ont été soumises aux conseils de paroisse, aux conseils d’unité pastorale (UP) et aux conseils de communauté.

Il y a tout d’abord 3 orientations “pour nous aider à dynamiser fondamentalement notre vie de baptisé” :

  • Mettre la rencontre et la relation à Jésus-Christ au centre de ma vie
  • Qu’ai-je fait de mon baptême ?
  • Vivre en frère à la suite de Jésus

Puis 4 orientations qui invitent les baptisés à vivre en disciple-missionnaire :

  • Célébrer le Christ – la liturgie comme expression de notre foi
  • Qu’as-tu fait de ton frère ?
  • Communiquer pour annoncer le Christ
  • Conduire les structures administratives au service de la pastorale
  • Pouvoir compter sur la prière et la mission des religieux et religieuses

Pour chaque orientation, des pistes concrètes de mise en œuvre sont suggérées. Elles sont des propositions, a-t-il souligné. Chacun, qu’il soit simplement baptisé ou confirmé, membre d’une équipe pastorale, membre d’un conseil, engagé bénévole dans l’Église est invité à méditer les orientations personnellement ou en groupe et à choisir les pistes qui lui conviennent. Durant l’année pastorale 2017/2018, les curés modérateurs, les responsables des services et les responsables des divers groupes seront invités à prendre le temps de se les approprier et de les faire connaître à tous les chrétiens. La mise en place des orientations sera accompagnée par le vicaire épiscopal et le service de la formation de l’Église catholique durant les 3 prochaines années. En 2020, un bilan sera fait.
[…]
 

Jacques Berset – le 03.06.2017 – cath.ch
https://www.cath.ch/newsf/nouvelles-orientations-pastorales-de-leglise-canton-de-fribourg/

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