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Notes sur le cléricalisme

Pierre-Yves DIVISIA
Évêque et prêtres
Aelred797 @ Wikimedia Commons


Vous êtes nombreux à nous livrer vos réflexions sur la situation actuelle de l’Église. Voici le tableau que dresse Pierre-Yves Divisia 

Cléricalisme : « 'Ensemble des opinions favorables à l'intervention du clergé dans les affaires publiques et privées. » (Dictionnaire Larousse).
« Le cléricalisme est une caricature de la vocation reçue. » (Pape François, le 6 janvier 2018).

Depuis son élection, le pape (dont il convient de ne pas sous-estimer les démêlés avec bien des membres de la Curie et des évêques ou cardinaux en poste dans le monde), est maintes fois revenu sur ce thème et, à nouveau l'été dernier, de façon particulièrement insistante dans sa Lettre au Peuple de Dieu du 20 août 2018 où l'on relève le paragraphe suivant :
« Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie. Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Église – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui "annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple". Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme. »

Le cléricalisme touche toutes les strates des Églises. Il n'est pas limité à l'Église catholique... Ce n'est évidemment pas une excuse !
Pour simplifier, nous réduirons à trois les strates de notre Église : les évêques, les prêtres, les laïcs.

1- Les évêques

Un évêque qui n'est pas en mesure de se déterminer l'Évangile dans une main et le Code Civil dans l'autre n'est pas à sa place et devrait être promptement appelé à démissionner ou, au moins, affecté à un poste moins exposé. Un certain nombre d'entre eux commence enfin à le comprendre. Les autres seraient bien inspirés de prendre exemple sur la récente démission collective des évêques du Chili – à condition de ne pas laisser au pape le monopole de la désignation de leurs remplaçants comme les démissionnaires l'ont immédiatement laissé entendre.

Cette réaction des évêques chiliens est elle-même très cléricale dans la mesure où elle s’inscrit dans la ligne monarchique verticale prônée au XVIe siècle par le jésuite Robert Bellarmin, déclaré ''Docteur de l’Église'' en 1931 par Pie XI. Elle pose la question de l'héritage et du processus de nomination.

L'évêque de Rome est Primus inter pares. Il doit être et n'être que le symbole de l'unité des chrétiensce qui n'ôte rien à son aura ni à son autorité morales. En conséquence, chaque évêque devrait être ''pape en son diocèse''. Malheureusement, très rapidement, les évêques se sont lâchement déchargés de leurs responsabilités sur leur confrère de Rome jusqu'à en faire ce souverain autocrate et infaillible dans les habits duquel, jusqu'à Jean-Paul II, la plupart des papes se sont bien volontiers coulés – maints dictateurs de droite comme de gauche se sont empressés de répliquer ce modèle à travers la planète : Staline n'avait-il pas été séminariste ? Exemple patent de retombée négative de cette situation, sous la pression de la Curie et sans que réagissent solidairement les participants au Concile Vatican II, instance suprême de l'Église catholique. Paul VI a retiré de la responsabilité des pères conciliaires un certain nombre de questions concernant, par exemple, le sacerdoce (La Bataille du Vatican/1959-1965, Christine Pedotti) qui reviennent aujourd'hui en boomerang avec des effets dévastateurs.
Le processus de nomination des évêques concourt puissamment à cette déviation délétère. Un nonce de nationalité étrangère qui ne connaît pratiquement rien au pays fait son enquête et propose au Préfet de la Congrégation des évêques les candidats dont il espère qu'ils lui plairont. Ce dernier choisit celui dont il présume qu'il conviendra au pape. Et lorsque le pape demeure en place près de trente ans...
La règle immémoriale de l’élection des évêques par les Églises locales n’a été abrogée qu’en 1917, sous le règne de Benoît XV... (Discerner le corps du Christ, Communion eucharistique et communion ecclésiale, Comité Mixte Catholique-Lu­théro-Réformé en France, Bayard/Cerf/Fleurus-Mame 2010, p. 36, note 1). Pourquoi ne pas envisager de revenir à la tradition ancienne qui prévalait lorsque l’Église se développait à un rythme soutenu ? Peut-être alors parviendrait-on à obtenir qu'un véritable dialogue se renoue avec les fidèles. Actuellement, la majorité des évêques n'entendent éventuellement que le cercle très restreint des interlocuteurs qu'ils ont prudemment choisis. Ces évêques s'abstiennent quasi systématiquement de répondre aux correspondances et aux demandes d'entretien, renvoyant, au mieux, les solliciteurs à leurs curés. Le titre suranné de ''Monseigneur'' assorti des écus armoriés qu'ils se dessinent avec grand soin et qui fleurent bon l'ancien régime leur monterait-il à la tête ? Sans doute serait-il leur rendre service que de les supprimer ! Ne contribuent-ils pas à entretenir le cléricalisme ? Le pape François s'est d'ailleurs soucié de ce problème et a annoncé une réduction du nombre de titres qui a connu dans le passé une inflation atterrante.
Comme bien des détenteurs du pouvoir civil ou religieux, les évêques s'appliquent souvent à détricoter ce qui a été mis en place avant eux, en priorité les avancées de Vatican II et les initiatives de leurs prédécesseurs, comme, par exemple, les Assemblées Dominicales en l'Absence de Prêtres (ADAP) ou l'organisation interne des paroisses. Bref, oubliant que la croix possède un axe vertical mais aussi un axe horizontal, leur souci majeur semble être de sauvegarder un pouvoir monarchique allant du haut vers le bas qui leur paraît naturel… sans oublier, quand même, de ferrailler pour remplir les caisses – ce qui, pour eux, est peut-être le plus important ? Malgré tout, comme quelqu'un le rappelait à fort bon escient, dans la société civile, quel organisme conserverait une équipe dirigeante qui aurait vu se déliter ses troupes aussi rapidement que l’Église catholique ces dernières décennies ?
Pour conclure, trop d’évêques qui annoncent un Dieu Libérateur ne sont eux-mêmes pas libres, prisonniers qu'ils sont de leur formatage, du système ecclésial et de leur propre caractère qui a plaidé pour leur sélection. Sauf exception et bonne surprise, pour combattre le cléricalisme, que peut-on attendre d'eux ? 

2- Les prêtres

Au mouvement de résignation des évêques qui renforçait le pouvoir du pape s'est superposé un mouvement de démission des fidèles qui se sont bien volontiers déchargés de leurs responsabilités sur des prêtres qui ont été fort satisfaits de les accaparer : cela leur donnait pouvoir et prestige. Ce pouvoir s'est consolidé au point que, par exemple, n'est plus que très exceptionnellement appliqué le Droit Canon qui précise (op. cit. au § 1, pp. 36-37, note 2)que « la nécessité pour le curé d’une paroisse d’être accepté par ses paroissiens est toujours sanctionnée par le droit en vigueur ; à défaut, "même sans faute grave de l’intéressé" (canon 1740), l’évêque est tenu de le révoquer, par exemple, s’il perd la bonne estime des paroissiens probes et sérieux ou en cas d’aversion envers sa personne dont on prévoit qu’elle ne cessera pas rapidement (Canon 1741-3) ». Face à semblables situations, combien de curés devraient être déchargés de leurs fonctions ? Et comme déjà évoqué, cette disposition ne devrait-elle pas s'appliquer également aux évêques ? Cela ne serait-il pas de nature à redynamiser plus d'un diocèse et à combattre le cléricalisme ?
Aujourd'hui, le statut de prêtre ne procure plus de promotion sociale comparable à ce que cette position impliquait jadis. Les jeunes étant, en particulier, de plus en plus fréquemment rebutés par le célibat obligatoire (dont Jean-Paul II a quelque peu hâtivement déclaré qu'il s'agissait d'une ''décision éternelle'' (sic) – bbb ce que le pape François a cru ne pas devoir remettre en cause – le nombre des vocations sacerdotales décroît rapidement – autre souci majeur pour les évêques qui, apparemment, ne savent pas interpréter les signes du temps (Lc 12, 56). Désormais, les ''ministres ordonnés'' ne sont plus assez nombreux pour assumer correctement les responsabilités qu'ils ont accaparées. L'esprit étriqué dans lequel ils ont été formatés explique, en outre, leur incapacité à abandonner des pouvoirs et une surcharge de travail insupportables. Il arrive que cette situation génératrice de stress puisse conduire à des ''burn out'' et des suicides que la ''hiérarchie'' (autrement dit les évêques) et les communautés (confrères prêtres et fidèles) se montrent incapables de prévenir. L'actualité récente vient d'en donner plusieurs exemples malheureux.
L'hypocrisie est un mal également mortel. L'un des points les plus scandaleux est sans doute, parmi beaucoup d'autres, le vœu de célibat qui ne s'accompagne pas du vœu de chasteté. L'absence de transparence sur ce qui se passe dans les couvents cloîtrés ou non laisse également une impression pénible qu'accentuent les témoignages qui transparaissent de temps à autre et auxquels, bien souvent, les média (journaux, cinéma, télévision) donnent une publicité perfide et ravageuse.
La pratique d'une lecture largement littérale et fondamentaliste des Écritures ainsi que le refus, souvent concomitant, de voir les contradictions, pourtant souvent évidentes, qui surgissent entre les ''textes sacrés'' et le catéchisme officiel, conduisent de plus en plus souvent des prêtres à jeter le bébé avec l'eau du bain. D'où des situations d'abandon du navire qui désespèrent les fidèles.
Enfin, à l'exemple de la grande majorité des évêques, beaucoup de prêtres n'écoutent qu'eux-mêmes. Certes, les conseils paroissiaux régulièrement réunis sont bien aimablement invités à s'exprimer, mais ils ne sont que très rarement entendus. La faute en revient d'ailleurs, souvent, à certains membres desdits conseils eux-mêmes qui considèrent tout avis contraire comme une outrecuidante atteinte à l'autorité du curé. Ils contribuent ainsi inconsciemment, mais puissamment, à alimenter le cléricalisme.
Enfin, tout comme le titre de ''Monseigneur'', le titre de ''Père'' est contraire à l'Évangile (Mt 23, 9 : « N'appelez personne sur la terre votre Père car vous n'en avez qu'un seul, le Père céleste »). Pour ce qui concerne les prêtres, il est en outre contradictoire puisqu'ils s'adressent couramment à leurs ouailles par ces mots ''Mes frères''…, le substantif ''ouailles'' évoquant à lui seul, déjà, le cléricalisme !
Pour conclure, trop des prêtres dont la vocation principale est d'annoncer un Dieu Libérateur ne sont eux-mêmes pas libres, prisonniers qu'ils sont de leur formatage, du système ecclésial et de leur propre caractère qui a motivé leur sélection. Sauf exception et bonne surprise, pour combattre le cléricalisme, que peut-on attendre d'eux ?  

3- Les laïcs

Où, dans les Evangiles, voit-on, sans biaiser les textes, Jésus ordonner un prêtre ?
Tout baptisé est prêtre (c'est la doctrine officielle).
Où, dans les évangiles, voit-on, toujours sans biaiser les textes, le fondement du soi-disant distinguo entre ''ministère baptismal'' et ''ministère sacerdotal'' ?

Avec la complicité des ''gardiens de l'orthodoxie'', ce distinguo qui fait du prêtre un être à part incite les fidèles à se comporter comme des enfants (au sens étymologique de ''infans'', ''celui qui ne parle pas''). La plupart des lettres de Jean-Paul II aux prêtres à l'occasion du Jeudi Saint montre à quel point la confusion est grande jusque dans les plus hautes sphères de l’Église catholique : l'essentiel de ce qui est dit dans ces documents (qui contiennent aussi quelques hérésies si l'on se réfère avec lucidité aux évangiles) s'applique évidemment à tout baptisé et pas seulement aux prêtres !
Ainsi, depuis des siècles, l’Église maintient les ''simples'' baptisés dans un état de sujétion finalement intellectuellement confortable pour ces derniers. Le problème devient crucial aujourd'hui puisqu'il serait urgent désormais que les laïcs assument les responsabilités qu'ils ont, bien à tort, paresseusement abandonnées à des prêtres qui ne sont plus en mesure de les assumer. Mais si les prêtres ne sont guère préparés à lâcher les prérogatives auxquelles ils demeurent attachés par tradition (sans parler de l'ego de certains), les laïcs, eux, ne sont généralement ni préparés, ni disposés à renoncer à leur statut de ''consommateurs de sacrements''. Lorsque leur culture religieuse leur fait prendre la mesure de l'écart entretenu entre les Écritures d'une part, l'enseignement et le vécu d'autre part, bien des baptisés préfèrent souvent s'éclipser sur la pointe des pieds plutôt que de retrousser leurs manches pour travailler au renouveau, quitte à laisser subsister le cléricalisme qui déconsidère et tue à petit feu l'Église catholique, cléricalisme qui, justement, les a fait fuir.
L’Église souffre aussi de l'activisme de catholiques dits ''traditionalistes'' qui entretiennent un cléricalisme non seulement rétrograde, mais anti-chrétien. Sans doute faudrait-il revenir à la haute tradition, celle des première petites communautés chrétiennes célébrant l'Eucharistie entre baptisés ''prêtres, prophètes et rois'', en gardant, notamment, comme ligne de conduite, les conseils de Joseph Moingt (Faire bouger l’Église catholique) et cette directive fondamentale du Grand Rabbin d'Argentine Abraham Skorka lors d'un entretien avec le Cardinal Jorge Bergoglio (Sur la Terre comme au Ciel, éd. Robert Laffont, 2013, p. 38) : « Le culte n’a de sens que si l’on est proche de l’autre, sinon, ce n’est pas un culte. À qui et à quoi vouons-nous un culte ? La question est essentielle. C’est pour cela que je dis souvent que les prêtres ou les rabbins doivent mettre les pieds dans la boue. Le temple n’est qu’un élément du religieux. Le temple qui ne se nourrit pas de la vie et qui ne la nourrit pas en retour est un temple païen. » Ne faudrait-il pas revoir de fond en comble le déroulement des célébrations eucharistiques pour les rendre plus vivantes, chaleureuses et ancrées dans la vie quotidienne de chacun ? Certes nos messes contiennent des trésors théologiques et exégétiques historiques, mais qui sait les voir aujourd'hui ? Au contraire, ces références ne contribuent-elles pas à rendre le culte incompréhensible pour les jeunes générations ? Cette réforme du ''ministère sacerdotal'' ne devrait rien changer à la vocation particulière de chacun, pas même celle, éventuelle, du célibat à propos de laquelle, selon Matthieu, Jésus a dit ''Comprenne qui peut comprendre'' (Mt 19, 12).

Pour que le cléricalisme périclite, encore faudrait-il que les laïcs prennent hardiment les choses en main. Le pape François l'a bien compris qui, régulièrement, appelle vivement les fidèles à agir promptement. C'est, en priorité, à eux qu'il appartient de mettre en œuvre les Écritures. Par exemple, dans la droite ligne des Évangiles, en Ga 3, 38, Paul affirme ''Il n'y a plus l'homme et la femme'' : avec l'appui de tous, les femmes doivent s'imposer dans l’Église quels que soient les niveaux de responsabilité (les efforts doivent se développer non seulement auprès de la hiérarchie, mais aussi, surtout peut-être, auprès des fidèles). Plusieurs récentes études concluent qu'une entreprise dirigée par une femme possède, en moyenne, 40% de chances en moins de faire faillite qu'avec une direction masculine. Que ne tente-t-on l'expérience dans nos diocèses qui, déjà, ne tiennent que par les femmes ce qui fait dire à Aude Amandier et Alice Chablis : « ils sont au pouvoir, elles sont au service » (Le déni). Or, selon Mt 20, 28 / 25, 34 & ss. ; Mc 10, 45 ; Lc 22, 27 ; Jn 13, 4-5, etc., le service n'est-il pas au cœur du message du Christ ?
On sait que, la plupart du temps, les pratiques et la mentalité de l’Église catholique n'ont évolué que sous les coups de boutoir de la société civile. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, cette dernière s'attache, avec courage, à promouvoir la femme en permettant, voire en favorisant son accès à toutes les responsabilités, même celles qui paraissaient a priori les plus masculines (par exemple, celle de pilote d'avion de chasse). Il serait temps que l’Église catholique renoue avec la tradi­tion des premiers chrétiens qui conduisaient les réformes de la société civile quand, aujourd'hui, elle est, la plupart du temps, à la remorque de cette dernière, persuadée qu'elle est de détenir la Vérité... dont pourtant, à maintes reprises, les évangélistes soulignent qu'hormis Dieu, seuls les diables la connaissent. De plus, vieille de deux mille ans, l'Eglise est convaincue d'avoir tout son temps pour agir alors qu'à chaque page, les évangiles insistent sur l'urgence du moment.
Pour éradiquer, si possible, toute trace de cléricalisme comme le pape François l'appelle de ses vœux en conclusion de l'extrait de sa Lettre au Peuple de Dieu cité en introduction du présent mémoire, encore faudrait-il que nous, laïcs, nous nous opposions concrètement et fermement à la tendance pernicieuse du nombrilisme : plutôt que de suivre les appels à nous focaliser de façon stérile sur des point du Dogme (avec un grand ''D'' ?) et des rites (les uns et les autres définis par des hommes, par définition, faillibles), ne devrions-nous pas prendre la tête des combats contre, entre autres, la pauvreté, l'ignorance, la malnutrition, les inégalités, la protection de la nature, les disputes de tous ordres, etc ? Par comparaison, le ''cultuel'' est très secondaire (bis repetita : Mt 25, 31 & ss.).


Les laïcs auront-ils la volonté et le courage de s'émanciper des enseignements infantilisants de leur catéchisme et du caractère routinier de leur pratique religieuse pour s'engager en toute liberté dans la voie du renouveau sans plus de distinction entre prêtres et laïcs, source notoire du cléricalisme ? Jésus a demandé de le prendre pour modèle : il n'était pas un mouton, mais un berger, ''Le Bon Berger'' ! Et ce berger a tracé sa route sans se préoccuper de ce que pouvaient penser le Grand Prêtre de Jérusalem ou les Rabbins d'Israël ni, encore moins, attendre leur approbation. Ne confortons-nous pas le cléricalisme à nous soucier systématiquement avant d'agir du ''nihil obstat'' d'un curé ou d'un évêque ? Seraient-ils notre conscience ?!

La couverture de la réédition du livre d'Yves Congar Pour une Église servante et pauvre annonce que le pape François en a fait le programme et le guide de son action : chaque catholique, chaque chrétien ne devrait-il pas en faire autant pour en finir avec le cléricalisme ?  
Ainsi sommes-nous conduits à conclure que l'une des sources principales du cléricalisme réside dans les trois classes de chrétiens catholiques qui se sont constituées de façon païenne (et qui comportent, chacune, des sous-ensembles) :
- En haut de l'échelle, les ''ministres ordonnés'' ;
- Au dessous, les autres hommes baptisés ;
- En bas de l'échelle, les femmes baptisées.
Ce faisant, comme l'écrit le pape François, l’Église se prive en grande part de l'action de l'Esprit sur l'immense majorité des baptisés. Comment faire disparaître cette discrimination anti-évangélique ?

Une action isolée n'a que peu de chances d'aboutir. La Conférence des Baptisé-e-s Francophones offre un cadre très souple où les baptisés de bonne volonté peuvent aller de l'avant avec grande liberté ainsi que, si elle est souhaitée, une assistance adaptée dans la mesure de ses moyens.
 

Pierre-Yves Divisia

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Commentaires
Lise-Marie BOSS...

Bien d’accord et merci de l’exprimer noir sur blanc !
Nos différentes appréciations et commentaires sont-ils déjà pris en compte ??
Nous autres (femmes mais aussi messieurs) sommes souvent très clairs - et nous travaillons plus l’horizontal, tant pis pour le cultuel.
Merci à la CCBF

ROBERT

Merci pour ce travail auquel je peux souscrire sans réserve.
Tant que l'énergie et les capacités restent disponibles, ce qui n'est plus le cas pour beaucoup d'entre nous, la piste du découragement peux nous guetter.
Mais est-ce si important ? Chacun reste face au mystère de sa propre existence, unique et si incroyable.
Le chemin de chaque existence donne le vertige, la tentation de la toute puissance de nos esprits ne fait pas bon ménage avec la fragilité et la précarité de nos vies.

ROBERT

Merci pour ce travail partagé auquel je souscrits pleinement.
Le cheminement de chacun vers sa propre existence, reste pour moi un mystère vertigineux.
Cela m'évite aujourd'hui bien des colères ou impatiences.
La fragilité et la précarité de ma vie et de mes moyens intellectuels, spirituels et matériels peuvent me faire douter que c'est simplement maintenant qu'il m'est donné de vivre pleinement une vie à partager, chacun suivant son chemin unique qu'il soit clercs ou laïc ou autre tout simplement.
C'est aujourd'hui le moment favorable, merci pour la vie reçue, signe du mystère de la relation à l'autre qui a pris pour moi le visage du Dieu trinitaire, tel qu'inscrit dans les écritures et le cosmos Père, Fils et Esprit.

ALAIN CABANTOUS

Merci pour cette remarquable analyse à méditer, à commenter, à discuter, à appliquer dans les séminaires, les conseils paroissiaux, les palais épiscopaux et les...communautés de fidèles. Ce, de toute urgence au regard des dégâts souvent irréversibles du cléricalisme avant qu'il ne soit vraiment trop tard !

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