Vous êtes ici

L'enseignement sur la famille du pape François est un paradigme ...

Cardinal CUPICH
© CC BY 2.0 wikipedia


« L'enseignement sur la famille du pape François est un paradigme de toute première nécessité dans l'Église. » (cardinal Cupich)

De Rome à Cambridge, en passant par Boston, le cardinal Cupich annonce qu’Amoris laetitia, lettre du pape François, n’est rien moins que révolutionnaire tout en ayant ses racines dans l’Écriture, la Tradition et l’expérience humaine. Et il affirme :

En argumentant que « les réalités complexes auxquelles les couples et familles font face aujourd'hui sont singulièrement différentes de celles du passé », le cardinal Blase Cupich a exhorté les responsables catholiques à conseiller vivement le pape François « d’appeler à l'action » et d’accueillir « une nouvelle approche de la vie des familles aujourd'hui ».
L'archevêque de Chicago, prêchant vendredi après-midi à l'Institut Von Hügel à un groupe de réflexion affilié à l'Université de Cambridge, a expliqué que le ministère des familles aujourd'hui doit trouver « un équilibre entre enseigner et écouter », ce qui « ouvre la possibilité d'apprendre les uns des autres ».
Le pape François a, dit-il, encouragé les responsables de l'Église à accepter « une dose salutaire d'auto-critique » et à « porter une plus grande attention aux voix des laïcs particulièrement en ce qui concerne le mariage et la vie de la famille ». Car « dans une Église démocratiquement synodale, il n'y a aucune distinction hiérarchique entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ».
Dans sa conférence, le cardinal Cupich a pris le parti du secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, qui, le mois dernier a expliqué que le pape François avait été à l'initiative du « paradigme préalable à tout travail » dans le catholicisme avec sa lettre pastorale sur la famille Amoris Laetitia (2016) : « C'est un paradigme qui change, et le texte lui-même insiste là-dessus ; ce qui nous est demandé, c’est ce nouvel esprit – cette nouvelle approche ! » a déclaré ce cardinal considéré comme second après le pape en termes de rang ecclésial. « Donc chaque changement amène toujours des difficultés, mais ces difficultés doivent être traitées et considérées comme des engagements. »

Le ministère aux familles aujourd'hui doit trouver « un équilibre entre enseigner et écouter ».
Amoris Laetitia, la lettre du pape qui fut suivie de deux longues années de séries de rencontres et consultations entre évêques du monde entier, a mérité des éloges pour son approche de la réalité de base pour une pastorale prenant soin des familles. Mais des critiques ont accusé le pape de vouloir saper l'enseignement traditionnel de l'Église, particulièrement à cause d'une clause qui pourrait autoriser les divorcés-remariés catholiques à recevoir la communion.
Depuis la publication du document, des responsables de l'Église ont exprimé leur appui pour des solutions créatives aux défis d'une pastorale des familles qui jusque-là avaient été interdites. Précisément, la semaine dernière, en réponse à une question au sujet des couples de même sexe pour savoir s'ils pourraient recevoir des bénédictions de l'Église, un cardinal allemand a suggéré que de telles décisions seraient mieux si elles étaient laissées à des ministres de la pastorale pour un traitement au cas par cas.
La réception d’Amoris Laetitia a été apparemment lente aux États-Unis, avec un relativement petit nombre d'évêques pour approuver verbalement le document et publier des initiatives pour le mettre en place dans leurs diocèses. Le cardinal Cupich a dit aux Américains qu'« un document de cette importance a besoin de temps pour être reçu » et qu'il est « content » de sa progression, incluant la collaboration continue entre théologiens et évêques qu'il a provoquée.

Le pape François a encouragé les responsables de l'Église à accepter « une salutaire dose d'auto-critique ».
Mais on continue de le repousser. Les critiques ont saisi les commentaires du cardinal Parolin, avec le commentateur George Weigel qualifiant ces paroles de « fâcheuses » dans un essai publié par First Things (un site).
Mais le cardinal Cupich, qui fut appelé à être co-conférencier au Collège de Boston avec beaucoup d'évêques et donna aux théologiens des moyens d'exploration pour l'exécution de l'enseignement du pape sur les familles, a retourné l'analyse du cardinal Parolin qui ne voit dans Amoris laetitia qu’« un préalable majeur dans notre approche ministérielle alors qu'elle est tout simplement révolutionnaire ».
Le cardinal Cupich a décrit la famille comme « un lieu privilégié pour la révélation même de Dieu », affirmant que les responsables de l'Église doivent écouter l'expérience vécue des familles catholiques, ce qui « représente un énorme changement d'approche, un paradigme de toute première nécessité, holistiquement enraciné dans l'Écriture, la tradition et l'expérience humaine ».
Même si le cardinal n'a pas abordé directement la question du divorce et de la communion, il a dit que la conversation entre familles et ministres pastoraux pourrait grandement s'accroître en compréhension sur ce que l'Église tient pour vérité : « La doctrine peut se développer comme résultante de l'accompagnement miséricordieux de l'Église pour les familles parce que Dieu a choisi la famille comme un lieu privilégié pour révéler tout ce que le Dieu de miséricorde est en train de faire en notre temps. »
En citant le pape, il a montré que les développements dans la doctrine incluent « de rester ouverts à l'invitation de voir les enseignements de notre morale sur le mariage et la vie de famille à travers les loupes de la miséricorde toute puissante de Dieu ».
Le cardinal Cupich a aussi rejeté les critiques qui prétendent que le pape est en train de saper l'enseignement de l'Église, en disant qu'ils « interprètent mal et comprennent mal Amoris laetitia simplement parce qu'ils échouent ou refusent de prendre en compte la réalité présente dans toute sa complexité » et qu'« ils limitent leur champ visuel à une compréhension idéale du mariage et de la famille ». Il pense que « la doctrine peut se développer comme résultante de l'accompagnement miséricordieux de l'Église pour les familles ». En fait, « ils rendent leurs options plus étroites quand on en vient à répondre à la vie des gens dans leurs réalités vécues depuis leur connaissance fragmentée et incomplète. »
François, dit-il, n'est pas en train d'inventer de nouvelles idées. Bien au contraire, il « récupère une façon de penser à propos de l'enseignement de l'Église et de sa pratique qui a ses racines dans notre tradition ».
Philip Mc Cosker, directeur du Von Hügel Institute, a parlé du discours du cardinal Cupich comme « d'un souffle d'air frais dans une Église déchirée par des luttes tribales et de fausses dichotomies de facilité et tristes réponses aux problèmes moraux de la vie réelle ».
« Comme théologien, je me souviens ici de la compréhension radicale de Dieu à l'origine de notre tradition, ce qui est facile à oublier, un Dieu qui est radicalement transcendant et donc radicalement immanent dans toute sa création », dit-il aux Américains.
 

Cardinal Cupich, in The Guardian – lundi 12 février 2018 – traduction assurée par Marguerite-Marie Leman
https://www.americamagazine.org/faith/2018/02/09/cardinal-cupich-pope-francis-family-teaching-paradigm-shift-church

Rubrique du site: 
Les actualités
Ajouter un commentaire