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L’amour fort comme la mort

Christiane SCHMITT
© Rama / Wikimedia Commons

Dimanche 25 mars 2018 – Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur – Mc 14, 1-15, 47

Un homme meurt cloué sur une croix. Une couronne d’épines déchire son front. Un écriteau annonce qu’il est : « Le roi des Juifs ». Un Roi qui agonise dans un supplice d’esclave ! Qui l’a condamné ? Pourquoi ?

Les chefs religieux, en premier le Grand Prêtre − médiateur entre Dieu et son Peuple – qui accuse Jésus de blasphème ; ensuite le procurateur romain qui seul peut prononcer une sentence de mort. Motif de la condamnation : il s’est dit Fils de Dieu !

Pilate pourrait encore le sauver : « Voulez-vous que je vous relâche le Roi des Juifs ? » La foule qui avait acclamé Jésus, rameaux en mains, lors de son entrée triomphale à Jérusalem, cette foule, ou peut être une autre, hurle : « Crucifie-le ! »

Il fallait que les Écritures s’accomplissent !

Les Douze l’ont abandonné et se sont enfuis. Pierre a renié trois fois. Seules, quelques femmes l’assistent dans son agonie. Elles sont là, effrayées mais fidèles ; douloureuses mais debout. Elles se tiennent au plus près, comme elles l’ont toujours fait lorsqu’elles le suivaient en Galilée. Ces femmes, guéries et sauvées par lui, il les a acceptées près de lui. Il les a comme attachées à lui, comme revêtues d’un ministère ordonné à sa personne même.

Toujours une femme disponible à Dieu était là, à chaque étape de la révélation de son mystère de Fils de Dieu : Marie, sa mère, la première à se livrer au mystère de Jésus ; Élisabeth, mère de Jean-Baptiste, la première à connaître la présence  cachée de Dieu parmi les hommes. La première fois qu’il dévoile son nom de Messie, c’est à une femme, la Samaritaine. C’est une femme, Marthe, qui proclame publiquement que Jésus est le Christ. 

Marie de Magdala voit mourir son Bien-Aimé. Près de cet homme qui meurt, elle représente la femme d’hier et de demain, la femme de tous les temps à qui est confié le corps de l’homme. Corps à faire naître, à nourrir, à soigner, à ensevelir. À la femme est confié l’humain, le vivant.

Ce corps pendu au bois, c’est la Parole faite chair. Ce corps sur lequel, il y a peu, Marie répandit ses parfums comme on le fait pour un ensevelissement royal − Corps que le Père glorifie – car tout est accompli.

Marie, celle qui a choisi la meilleure part, sait que l’amour est fort comme la mort. Intuitivement, elle sait que la vie sera la plus forte. À Béthanie, lorsque Jésus venait certains soirs retrouver ses amis, il leur expliquait les Écritures en interprétant tout ce qui le concernait. Elle croit que rien n’est impossible à Dieu mais ici… au Golgotha… au pied de la croix, devant ce corps disloqué… la foi, l’espérance sont en déroute. Seul, l’amour qui est en Marie de Magdala, au profond d’elle, est vivant, mais comme la braise sous la cendre : il va falloir un grand souffle pour que le feu jaillisse...

La source de tout bien est ouverte dans le Corps de Dieu qui meurt. Les mortels sont délivrés de la mort. Le fruit de l’arbre de vie est offert à tous. Le Christ nous ouvre son Corps glorieux.

La croix rayonne en son mystère, l’étendard du Roi est levé.
 

Christiane Schmitt

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