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Je confesse à Dieu…

Sylvie TAMARELLE
Cayenne - Statue de Victor Schoelcher par Louis-Ernest Barrias
By Cayambe (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Dimanche 17 septembre 2017 – 24e dimanche du temps – Ps 102 ; Mt 18, 21-35

Une petite feuille trainait, seule, sur la table du fond de l’église dans laquelle je venais de rentrer. Temps de vacances, de détente, de visite. Je l’ai prise machinalement et me suis assise pour méditer.

J’aurais préféré autre chose que cette prière un peu vieillotte du « je confesse à Dieu… »

Faire défiler la liste de toutes mes limites, mes coups bas, mes défilades ne me réjouissait pas et puis cette question lancinante s’est emparée de moi : l’humain est-il condamné au péché ? L’homme serait-t-il maudit ? Je ne veux pas le croire et pourtant l’actualité, les récits de vie autour de moi ne cherchent-t-ils pas  à m’en convaincre ? Une évidence s’est imposée : seul le pardon sauve.

La question que Pierre pose à Jésus dans l’évangile de Matthieu (18, 21) pourrait être dans notre bouche : combien de fois dois-je pardonner ? C’est difficile de pardonner, nous l’avons tous expérimenté. 7 fois c’est déjà énorme. Jésus met la barre haute : 70 fois 7 fois. Autant dire mission impossible !

Si, c’est possible, nous dit la parabole qui suit. Un maître attentif à ses comptes se laisse convaincre de remettre les dettes à l’un de ses serviteurs qui lui doit une somme colossale. « Prends patience », dit le serviteur. Le maître se laisse toucher de compassion. Pourtant le serviteur gracié, dans la foulée, vit une situation analogue où il est supplié de prendre patience, lui aussi, pour le remboursement d’une somme plus modeste. Aucune tolérance : le débiteur est envoyé en prison sans discussion.

L’attitude du serviteur implacable fait scandale auprès de ses compagnons : la pitié dont il a bénéficié n’a pas trouvé écho dans son cœur. Pourtant, c’est sans doute la clé de cette mission impossible pour l’homme : se rappeler qu’il est d’abord pardonné par son Seigneur, qui est tendresse et pitié, pour à son tour se laisser gagner par cette miséricorde reçue.

La promesse d’alliance qui traverse le 1er testament est sans cesse renouvelée car l’homme n’en finit pas  de la rompre. Mais Dieu fidèle, patient, lent à la colère, donne une nouvelle chance à chaque fois au pécheur. Cet appel au pardon sillonne aussi le nouveau testament. Il en est le fil conducteur : Dieu seul sauve. Rappelez-vous, la femme adultère, le fils prodigue. À chaque fois c’est la figure du père qui aime qui sert de boussole.

L’ultime pardon est demandé par le Christ lui-même sur la croix : «Père, leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Le psalmiste aussi proclame ce pardon renouvelé : « Le Seigneur pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie, il réclame ta vie à la tombe et te couronne de tendresse. »

Oui. Seigneur, « pardonne-nous nos offenses et ne nous laisse pas entrer en tentation.» Que cette prière dite dans le secret de notre cœur, ou bien en assemblée, retourne notre cœur.

Mon regard a plongé sur la feuille qui était entre mes mains et j’ai lu, émerveillée : « Je confesse à Dieu tout-puissant que je suis aimé(e) au-delà de toute imagination… »

Oui, je le confesse, nous sommes bénis d’être ainsi aimés. Bénis le Seigneur, ô mon âme !
 

Sylvie Tamarelle

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