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Ils s’y sont mis à trois ...

Anne-Joëlle PHILIPPART
Sainte Trinité
© CC0 Creative Commons

Dimanche 27 mai 2018 – Sainte Trinité – - Dt 4, 32-34.39-40 ; Rm 8, 14-17 ; Mt 28, 16-20

Ils s’y sont mis à trois, le Père, le Fils et l’Esprit… mais pour nous dire quoi ?

Qui donc est Dieu, le Père ? Que propose Jésus, le Fils ? Que fait l’Esprit ?
Souviens-toi, dit Moïse au peuple ! D’Abraham à Déborah en passant par Moïse, Judith, David, Esther, Sara ou Samuel, les récits nous présentent un Dieu patient, lent à la colère et plein d’amour. Il fait et refait alliance, il soutient et comprend. Il envoie prophétesses et prophètes. Mais, rien à faire, on continue à se battre en son nom, à se proclamer sacré et supérieur aux autres et à diviser pour régner. Pourtant, les textes bibliques ébauchent déjà une règle de conduite intéressante. Les 10 commandements appellent ainsi à la non-violence, au respect de l’autre et à une certaine forme d’égalité surprenante dans le prescrit du jour de repos pour tous, qu’ils et elles soient fils ou filles, serviteurs ou servantes et même esclaves.

Et Dieu envoya le Fils. Qu’a-t-il donc suggéré ? Ouvrons les Évangiles. Nous y voyons un homme qui accueille tout le monde. Il voit les cœurs, les bons côtés de Pierre et Judas au-delà des failles qui les ont fait mentir ou trahir. Il touche les lépreux et accueille les étrangers, transformant les prescritions de pureté du judaïsme en force de conversion intérieure. Plus fort, il traite les femmes et les hommes à égalité. Il voit l’authenticité, et l’intelligence de la Foi des femmes. Malgré les interdits de l’époque, il les accueille comme disciples. Dans sa communauté de vie, tous sont égaux car il n’y a qu’un seul Père et maître, Dieu (Mt 23, 8-12). Enfin, il critique les abus et l’opportunisme de la caste sacerdotale. S’inspirant du judaïsme pragmatique de Hillel, il résume les 613 commandements en 2 phrases simples : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et tu aimeras ton prochain comme toi-même. Enfin, tous, femmes et hommes, ses premiers compagnons, témoins de la résurrection, sont envoyés pour le représenter, enseigner, baptiser et offrir le pardon de Dieu (Mc 16, Mt 28, Lc 24 et Jn 20).

Et l’Esprit, la troisième personne, la « Ruah », que fait-Elle ? Elle travaille dans le monde… Depuis les premiers disciples jusqu’à nous, Elle guide, inspire et soutient ceux qui croiront en ce Dieu d’amour et de miséricorde et en ce Fils qui appelle des communautés de disciples qui accueillent, se mettent au service, et non au pouvoir, prônent la paix, voient les cœurs et tendent la main. Annoncée lors de la dernière cène, la troisième personne, appelée aussi le consolateur, guide pas à pas l’humanité dans la vérité tout entière (Jn 16, 12-13).

Et cela fait 2000 ans que cela dure, 2000 ans que l’humanité progresse vers plus d’égalité, de solidarité, de consensus, de dialogue, d’éthique sociale et de liberté. La Trinité est au travail pour faire grandir le Royaume, le rêve de Dieu, avec tous ceux et celles qui ont reçu l’Esprit, tous les baptisé.es et tous les humains qui partagent ce grand idéal.


Anne-Joëlle Philippart

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