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Il vit, et il crut

Sylvie TAMARELLE
Photo proposée par l'auteur

Dimanche 1er avril 2018 – Dimanche de Pâques – Jean 20,1-9

« Il vit, et il crut. » Voilà ce que nous donne à voir l’évangile de ce jour de Pâques. Et c’est avec cette formule choc et lapidaire que Jean révèle l’indicible de la Résurrection !

Que voit-il, cet homme, qui lui permette de croire ? Et que croit-il alors ?

L’homme, c’est le disciple que Jésus aimait. Ce n’est pas un passant lambda dans la rue, non, c’est quelqu’un qui se sait aimé et qui court vers le tombeau de la source de cet amour. Éperdu sans doute.

Voilà que Marie Madeleine vient de lui apprendre à lui et à Simon-Pierre que le tombeau de leur Seigneur est vide.

Incompréhension, doute, colère, désarroi, tout se mêle pour le faire courir à cœur perdu vers le tombeau… Il faut allez voir pour savoir. Court-il vers le sensationnel ou juste pour vérifier l’information ?

Arrivé devant le tombeau ouvert, Jean marque un temps d’arrêt : est-ce pour laisser Pierre, son aîné, entrer le premier ? A-t-il peur de ce qu’il va découvrir ? Pressent-il qu’avec le Seigneur tout est possible et que sa vie risque de basculer ?

Le disciple entre et voit. Ce qu’il voit, c’est l’absence : pas de corps. Même cela leur est retiré !

Et soudain, il croit. Efficace absence qui appelle à voir au-delà !

Combien de temps y a-t-il eut entre ce « il voit », et ce « il croit » ? Quelques secondes ou toute une vie… Comme il n’y a rien à voir, le disciple s’est-il raccroché à ce qu’il savait du disparu ?

Fulgurance des souvenirs, il a regardé en arrière. Sans doute s’est-il rappelé les paroles du Seigneur au long des jours passés ensemble. Ces paroles difficiles à comprendre, à entendre, se sont soudain faites révélation, le ramenant au présent : Jésus est ressuscité !

Jusque-là, comme les autres disciples, il n’avait pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

« Il voit, et il croit. » C’est une ligne de crête entre l’avant, ce temps d’annonce de Jésus homme parmi les hommes, et l’après du Christ qui n’est pas resté prisonnier de la mort. Ce ne sont plus les yeux qui voient désormais, c’est notre âme qui est saisie. Ce n’est pas la raison qui nous dit la résurrection mais l’intime conviction que c’est le Christ qui donne vie.

Nouveau regard, nouvelle compréhension : c’est le basculement de la foi. Pâques, c’est ce passage du voir au croire.

Laissons-nous surprendre, saisir, par cette nouvelle si étonnante, bouleversante : Christ est ressuscité ! La vie est plus puissante que la mort ! C’est à cette vie qui dépasse toutes nos morts que nous sommes appelés : Alléluia !

Sylvie Tamarelle

 

 

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