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Le festin nuptial

Christiane SCHMITT
Le cortège de mariage de Pieter Brueghel le Jeune
Pieter Brueghel le Jeune [Public domain], via Wikimedia Commons

Dimanche 15 octobre 2017 – 28e dimanche du temps Is 25, 6-9 ; Ps 22, 1-6 ; Ph 4, 12.14-19.20 ; Mt 22, 1-14

Des viandes juteuses et succulentes ! Des vins millésimés ! Un festin de noces ! Les invités ? Nous tous… chacun de nous !

Isaïe et Matthieu, sont en concordance sur ce festin nuptial donné par un roi pour les noces de son fils. Isaïe le dit : le voile de deuil, le suaire, les larmes, la mort elle-même, tout doit disparaître. Quant à Matthieu, il met l’accent sur la persévérance du Roi à lancer les invitations, car étonnamment, les invités se défilent. Qu’à cela ne tiennent ! Les serviteurs iront « ramasser » tous ceux qu’ils trouveront, « les mauvais comme les bons ». Tous entreront dans la salle du festin, chacun revêtira la robe de fête et le vin des noces suscitera la joie.

Pourquoi donc le Roi s’étonne-t-il de trouver dans ce « ramassis » un homme qui ne porte pas la tenue de rigueur ? N’est-ce pas le risque à prendre lorsqu’on invite sans choisir ses convives ?

Regardons les choses d’un peu plus près. Le narrateur est Jésus. Il parle dans le Temple, tous font cercle autour de lui. Premier cercle : ses disciples, puis la foule des Juifs venus au Temple pour adorer, puis un autre cercle hostile : les grands prêtres et les anciens du Peuple.

Jésus est là, debout dans le Temple, et ceux qui devraient être les premiers à le reconnaître parce qu’ils ont lu et étudié les Écritures le rejettent, l’ostracisent, le nient. Les héritiers ne reconnaissent pas leur Messie.

Son enseignement, Jésus le donne en paraboles, langage voilé, énigmatique. On sait qu’en particulier, il explique tout à ses disciples : « À vous, le mystère du Règne de Dieu est donné mais pour ceux du Dehors tout devient énigme. »

Ceux du Dehors ? Les docteurs de la Loi, les autorités religieuses pour qui tout demeure voilé. L’existence d’un Dehors est posée à côté du Royaume de Dieu annoncé par Jésus.

Le Dedans, pour Jésus, c’est la salle du festin. Tous ont vocation à y pénétrer, les mauvais comme les bons. Les qualités, les défauts, les aptitudes bonnes ou mauvaises tout cela est recouvert par la robe nuptiale que l’on revêt en entrant.

De quoi, cette robe nuptiale est-elle le symbole ? Cette robe n’est pas un uniforme, ce n’est pas non plus un cache-misère, c’est un modèle unique adapté à chacun, aux mesures de chacun. Un modèle fait à l’image de notre relation personnelle avec le Christ. Lorsque nous porterons la robe nuptiale, la robe d’agapè, le Fils pourra nous présenter à son Père car la robe nuptiale c’est notre intimité avec Jésus, c’est notre ressemblance avec lui.

Mais alors, n’est-ce pas folie de refuser cette robe de noces ? de rester à l’extérieur de l’Alliance ?

Le Christ nous sauve, le Père nous fait miséricorde − l’homme accepte ou refuse.

Chaque vie est un mystère… dans l’intime profondeur de l’être, l’Esprit, néanmoins veille et murmure « Abba » !
 

Christiane Schmitt – Laïque o. p.

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