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Extraordinaire ! Et pourtant, il faut se taire !

Christine TASSET

Dimanche 25 février 2018 – 2e dimanche du Carême – Mc 9, 2-10

Quel dilemme à surmonter pour écrire un commentaire sur l’Évangile de ce dimanche

Ce récit de la Transfiguration nous semble bien connu. Et pourtant que s’est-il vraiment passé ? On peine toujours à en rendre compte. Les trois disciples que Jésus a « pris » avec lui, pour aller dans la montagne, à l’écart du bruit, de la foule, du quotidien, ont vécu quelque chose qui sort de l’ordinaire. Il y avait quelque chose à voir. Quoi précisément ? les mots manquent. Ils ont été bouleversés profondément. Une certitude mystérieuse s’est inscrite en eux

Le rôle des disciples, et donc le nôtre, lecteurs du XXIe siècle, est ici de premier plan. La voix qui sort de la nuée s’adresse à eux : « Celui-ci est mon fils bien-aimé : écoutez-le. »

Ils ont entrevu que Jésus est davantage que l’homme sage qui enseigne et guérit qu’ils côtoient Ils ont aperçu les grands prophètes Élie et Moïse discutant avec lui, ils ont entendu la voix céleste : la nature divine de Jésus se dévoile. Il est le fils de Dieu. Que nos mots sont impuissants à le dire ! Quel brave homme ce Pierre ! Bien que rempli de crainte devant les manifestations insolites auxquelles il assiste, il propose de construire des tentes : c’est tout à fait maladroit, « à côté de la plaque » mais tellement humain alors qu’il vit une expérience spirituelle dont il ne peut pas encore comprendre la portée.

Jésus ordonne aux disciples de se taire au sujet de ce qu’ils ont vu et entendu jusqu’à ce « que le fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts ». Sans doute, cette interdiction est levée pour nous, les disciples d’aujourd’hui, puisque nous sommes après la Résurrection.

Cependant nous sommes parfois noyés de fake new, de commentaires à chaud, de réactions superficielles, d’un brouillard de mots. N’oublions pas que la Parole et la faculté de parler sont un don, un cadeau précieux. Sachons entendre ce qui nous est suggéré : se mettre à l’écart, écouter, méditer dans son cœur (à l’école de Marie).

Hier, j’ai rencontré un tout jeune-homme amoureux. Il voulait me parler de l’élue de son cœur. Essayant de me la décrire il m’a dit : « Elle est super, si tu savais ! » Dans les mots, peu d’information objective. Il aurait aussi bien pu ne rien dire. Et pourtant quelle flamme dans son regard, son attitude, son comportement ! La parole n’est pas le seul moyen d’expression.

Seigneur, nous te demandons simplement de nous rendre débordant de foi.
 

Christine Tasset

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