Vous êtes ici

En ces jours-là…

Anne-Joëlle PHILIPPART
Assemblée générale
Maxime Lathuilière @ Wikimedia Commons

Dimanche 26 août 2018 – 21e dimanche du temps – Jos 24, 1-2a.15-17.18b ; Ep 5,21-32 ; Jn 6, 60-69

En ces jours-là, tout le monde s’était réuni. Moment grave. Assemblée générale. Grand-Messe. Profession d’alliance. On se souvient. Oui, oui, le Seigneur nous a aidés et soutenus. Oui, oui, sa présence dans les cœurs nous a donné la persévérance devant les difficultés et la réussite dans les épreuves. Alors, oui, oui, on promet fidélité et engagement devant Dieu et ses saints. Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur. Et comme les Israélites, Pierre répète ce moment d’alliance, élan du cœur, promesse théorique et sincère du oui, pour toujours. À qui irions-nous ? À la vie à la mort, amis pour toujours. Puis les difficultés arrivent. Les Israélites en pays de Canaan, les disciples d’hier mais aussi d’aujourd’hui, les prophètes de tout temps le savent. Qu’il est rocailleux le chemin de ceux qui veulent être justes, généreux et tolérants ! Après tout, une petite concession à la promesse n’est qu’une petite entorse, voire simplement une autre interprétation, une tolérance. On s’invente alors des mythes, des règles, des logiques et des excuses pour rendre courbes les lignes droites. Histoire simplement humaine. Mais Dieu voit les cœurs. Inlassablement, il tend la main, montre le chemin, éclaire les consciences. Jésus ne dit-il pas qu’il n’est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs (Mc 2) et que Dieu recherche, sans relâche la brebis perdue ou la piécette égarée (Lc 15) ? Il est amour et miséricorde. Donc, pas de culpabilisation surplombante qui arrache les conversions à coup de peurs. L’erreur est humaine et Dieu veut nous sauver. Mais nous sauver de quoi ? Du péché ! De quoi ? Hum, grande question ou jargon d’Église ? Cela ne pourrait-il pas être, en partie, chaque occasion où nous laissons parler nos blessures du passé ? Nos blessures originelles, celles de nos origines personnelles pourtant si communes tant elles s’inscrivent dans notre humanité ? N’ayez pas peur, entendons-nous si souvent dans la Bible. Les erreurs, selon la Bible, ne seraient pas alors des passages crucifiant où nous sombrons mais plutôt des chemins de liberté où l’humain décide d’évoluer à son rythme avec l’aide de sa bonne étoile, sa fée, sa force intérieure, son dieu, notre Dieu ?

C’est à ce moment qu’entre les lignes, les Écritures saintes deviennent porteuses d’espoir, modèles d’une humanité qui essaie de tendre vers un Absolu mais aussi révélation d’un Absolu qui sans relâche tend la main.

Dans un tel climat de pardon, d’accompagnement et d’amour, les demandes impossibles deviennent possibles. Saint Paul peut alors suggérer l’improbable pour l’époque : « soyez soumis les uns aux autres… aimez vos femmes comme votre propre corps et surtout comme le Christ aime son Église. » Inaudible à cette époque, cette demande a été malheureusement complètement détournée de son côté transgressif pour devenir outil oppressif. Dommage. La Bible est pourtant chemin d’émancipation, d’égalité, de justice et de liberté. Amen.
 

Anne-Joëlle Philippart

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire