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En chemin vers Jésus pain de vie

Michel MINVIELLE
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Dimanche 5 août 2018 – 18e dimanche du temps – Ex 16, 2-4.12-15 ; Jn 6, 24-35

En chemin vers Jésus pain de vie

Une foule suit Jésus, car elle voit les signes qu’il fait sur les malades (Jn 6, 2). Jésus la nourrit (Jn 6, 5-13) et ces gens veulent l’enlever pour le faire roi ; alors Jésus se retire et va de l’autre côté de la mer. La foule le cherche, le retrouve de l’autre côté de la mer.

Jésus l’interpelle. Le cherche-t-elle pour avoir vu des signes ou pour avoir été rassasiée ? Il l’invite à œuvrer pour la nourriture1 qui demeure en vue de la vie éternelle, celle donnée par le fils de l’homme, que le Père a marqué de son sceau. Invitation, énigme, que ses interlocuteurs ne décryptent pas : alors que Jésus les invite à œuvrer à une nourriture pour l’homme, ils lui demandent que faire afin d’œuvrer aux œuvres de Dieu.

Jésus précise : Dieu fait les œuvres de Dieu, afin que les hommes croient son envoyé (Jn 6, 29)2. L’œuvre de l’homme, c’est de discerner, interpréter les signes donnés, comprendre qu’ils viennent de Dieu et non pas de chercher à faire des signes.

Ils demandent alors à Jésus un signe, mais pour qu’ils voient et croient en lui. Ce dialogue les a fait avancer ! Mais discernent-ils les signes ? Ils se réfèrent à la manne comme pain venu du ciel donné à manger aux hébreux dans le désert (Jn 6, 31), et non comme signe donné par Adonaï à son peuple (Ex 16). Jean ne nous donne aucun indice suggérant que la foule a renoncé au projet de le faire roi pour avoir été rassasiée.

Jésus poursuit et rappelle que ce n’est pas Moïse mais Adonaï qui a donné le pain venu du ciel. Il annonce : son père leur donne le pain venu du ciel, pain de dieu qui donne vie au monde. En réponse, ils appellent Jésus « maître », et lui demandent de leur donner toujours ce pain.

Jésus a ainsi converti l’attente de ses interlocuteurs : ils espéraient un roi qui les rassasie, ils le reconnaissent maintenant comme maître qui nourrit leur vie spirituelle. Alors il leur dit : « Moi, je suis le pain de vie. Il n’y a pas à craindre que celui qui vient vers moi ait faim, et que celui qui croit en moi ait soif, jamais. ». Maintenant, à chacun d’accepter la nourriture spirituelle que propose Jésus, de discerner les signes donnés, de recevoir sa parole au long d’un chemin de conversion spirituelle, analogue à celui sur lequel Jésus a guidé ses interlocuteurs.

Michel Menvielle


1 Pour mémoire, cela s’inscrit dans une suite de signes en lien avec la nourriture donnée : d’abord la manne reçue au désert – qui conservée devient poison mortel ; lui succède une nourriture abondante au point qu’il en reste pour une consommation ultérieure (2R4, 42-44), et maintenant vient la nourriture pour la vie éternelle.

2 « Ceci (faire les œuvres de dieu) est l’œuvre de Dieu afin que vous croyiez en qui envoya celui-là. » (Jn 6, 29). Le pronom démonstratif grec traduit par ‘ceci’ se rapporte à ce qui précède ou à ce qui suit ; la conjonction grecque « ina », introduisant une proposition marquant le but, est utilisée dans ce verset, ainsi que dans Jn 6, 28 et Jn 6, 30.

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