Vous êtes ici

Du neuf pour le couple et la famille

Sylvie BARTH
Sylvie BARTH


J’ai le plaisir de vous annoncer que ma thèse (soutenue à Strasbourg) vient d’être publiée :
Sylvie Barth, La Voie de l’amour électif : une interpellation spirituelle pour notre temps, Préface Philippe Bordeyne, Collection INTAMS-Studies n° 3, Éd. LIT-Verlag (disponible sur Amazon, et aussi chez moi).
En substance : s’aimer du mieux que l’on peut, dans la durée, en un amour adulte fait à la fois de désir/amitié en vis-à-vis/gratuité (eros/philia/agapè), est-ce une expérience spirituelle, qu’on soit marié ou non, chrétien ou non ? Comment la nommer, comment l’accompagner pour la faire réussir ?

Pourquoi ce sujet ?
J’ai été témoin depuis toujours (j’ai 56 ans, 35 ans de vie à deux et 7 enfants fort originaux) d’une vraie créativité chez les couples : membres de ma famille, amis, voisinage, parents de mes élèves de collège et de lycée, paroissiens, militants et membres d’associations ou mouvements... J’y ai vu aussi des difficultés, des ruptures. J’ai constaté enfin que beaucoup d’ados rêvent encore de fonder une famille avec la même personne pour toute la vie, mais doutent d’y arriver !
C’est clair : les formes de la vie affective adulte se diversifient. Est-ce seulement une catastrophe ? Peut-on dire que les gens agissent ainsi sans aucune raison profonde ?
Cela m’a fait faire « un pas de côté » pour penser les changements actuels.

Prendre la mesure de cette nouveauté
Chez nos contemporains en âge de fonder une famille, j’ai détecté un modèle commun, le « couple électif » : un couple qui se choisit et se met en route par amour, mais aussi, qui continue le chemin par amour (et pour aucun autre motif).
C’est surtout ce deuxième point qui est nouveau, car :
   1. Se marier devient optionnel ;
   2. Il n’y a plus de pression sociale pour maintenir les couples ;
   3. Les partenaires électifs ne se tiennent pas captifs : les enfants, s’il y en a, doivent donc s’adapter en cas de séparation/recomposition.
Il est vrai que le pari sur l’amour vrai, c’est magnifique, venant d’un modèle inégal auquel les femmes et les enfants se pliaient en silence, non sans souffrance parfois, mais pour une durée plus brève, vu l’espérance de vie.
Pour autant, la fragilité actuelle existe : qu’est-ce qui favorise le « développement durable de l’amour » ? Est-ce si simple pour les enfants de « s’adapter » ?

Percevoir les enjeux de ce « changement d’ère »
Je vois là, en tout cas, une vraie révolution : s’il tient ses promesses, l’amour électif repose sur une coopération potentielle de 60 ans et plus. Il provoque une rencontre sexuée qu’on n’a jamais vécue à cette échelle et dans cette profondeur ! Il engage un compagnonnage long entre générations.
Et si le couple électif réussissait : est-ce que cela ne changerait pas le monde de façon déterminante ?
Toutes les formes de compensation aux carences affectives que sont la prédation, l’exploitation, l’accumulation pourraient diminuer en intensité. Ce serait une humanité différente qui pourrait se révéler. Économiquement, une vraie coopération entre les fondateurs de foyers et de familles aurait également un impact considérable. Et ne parlons pas de la qualité du lien social.

Percevoir les déplacements supposés
Cheminer à deux dans l’amour électif reste une gageure pour des personnes freinées par des blessures, des disfonctionnements, des doutes ; la grande proximité réveille des défenses archaïques, et tout cela peut vite devenir violent ! Les sentiments sincères, la déclaration publique elle-même ne font pas tout.
La société civile pense que « ça passe ou ça casse » sans trop savoir pourquoi ; un certain christianisme tient, lui, que « la grâce, la foi, voire l’Église suppléent »…
Mais Dieu ne fait pas la vaisselle et ne change pas les couches ! Autrement dit, qu’est-ce qui nous revient dans ce processus, qu’est-ce qui nous « met au travail » ?
Cultiver son couple comme on le fait d’un jardin, comprendre les dynamiques à l’œuvre, se former à ce projet, en amont, en aval, à la jonction entre les acquis des sciences humaines, la question du sens et du souffle, et même, si on y est prêt, recevoir autrement les trésors de la foi : voilà un changement de culture pour, sans pensée magique, devenir pro-actifs dans un champ essentiel de notre vie.

Le couple, une aventure spirituelle
La spiritualité, dans son sens général, représente pour nos contemporains devenir pleinement soi, vivre une vérité de soi et de l’autre, trouver un équilibre de vie à partir de valeurs personnalisées.
Je montre que le couple est devenu un lieu où les personnes projettent ces attentes.
L’amour électif, tel un signe des temps, remanie ainsi les représentations sur le couple et la famille (Jn 3.8)… Et ouvre un immense chantier.
Il serait dommage que les chrétiens ne s’y engagent pas.
Ils y sont conviés par les couples d’aujourd’hui qui inventent, en expertise partagée, un modèle différent méritant d’être pris en considération, dans ses possibles comme dans ses tâtonnements…
En somme, un rendez-vous commun en terre inconnue !

Pour discuter avec moi : Sylvie Barth.
Je me déplace aussi pour des conférences/rencontres.
 

Sylvie Barth

Version téléchargeable
Liste des documentsTaille
Icône PDF Barth S, La voie de l'amour électif72.98 Ko
Rubrique du site: 
Les actualités
Ajouter un commentaire