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Divorcés-remariés : enfin une proposition d’éléments pratiques ...

Nathalie
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Divorcés-remariés : enfin une proposition d’éléments pratiques pour un processus d’accompagnement, de discernement et d’intégration ?

Annexe à la lettre pastorale Construire sa maison sur le roc de Mgr Jorge Ortiga, archevêque de Braga (Portugal) – janvier 2018

Cette annexe, réservée aux divorcés remariés, est un parcours de discernement très ignacien, au terme duquel l’accès à la communion dépendra du résultat de leur propre discernement, de leur propre décision. Nous tenons là, à ma connaissance, la première proposition pratique travaillée par un évêque pour un discernement personnel sur la question du « retour aux sacrements » des personnes divorcées en nouvelle union civile.
En voici un extrait qui explique très bien le processus de discernement :
« Le processus de discernement se termine avec la confirmation de la décision prise. Un temps fort de prière (on propose une retraite) face au Seigneur ressuscité, Lui offrant la décision. Se laisser toucher par Sa présence et Lui demander de confirmer la décision prise. De nouveau, liberté, consolation, désolation prennent là une place essentielle. Prenant en compte que le processus a bien été poursuivi, vu que le Seigneur n’a pas montré de signes contraires à la décision prise, alors, en toute liberté, assume-la. Il n’appartient pas au conseiller spirituel de prendre la décision à proprement parler, mais, à travers l’accompagnement, d’assurer que tout le processus s’est déroulé, comme il doit reconnaître l’examen de conscience des personnes, car nous sommes appelés à former les consciences et pas à se substituer à elles (Amoris laetitia L 37). Ceci étant fait, on doit aussi confirmer du côté de l’Église la décision prise. De cette manière ceci permet d’achever le processus d’accompagnement, de discernement et d’intégration. »

La méthode jésuite n’est pas à mettre en cause et le travail proposé est certainement la manière la plus juste d’écouter « la volonté du Seigneur ». Pourtant je crains que la démarche soit très élitiste et ne concerne finalement pas beaucoup de chrétiens « divorcés-remariés ». Mais surtout, par rapport à la proposition des « cheminements Bartimée »), qui visent à la pleine et entière intégration des personnes divorcées-remariées dans une communauté qui les accueille avec joie, dans les préconisations de cette annexe la communauté dans laquelle cette personne se trouve est absente ; elle n’est absolument pas « partie prenante » dans la démarche et ne va pas se sentir concernée. Or le chapitre VIII d’Amoris laetitia est un appel à la conversion des communautés et des pasteurs qui doivent « accompagner, discerner et intégrer ».
Le pape François dit que ce qui est visé, c'est l'intégration de tous. Aussi, que signifierait pour une personne de pouvoir communier dans une paroisse où elle resterait exclue de tout service, où elle serait encore considérée comme « pestiférée » ? Dans une telle communauté (qui évidement est celle qui doit se convertir !), le « retour aux sacrements » pour cette personne ne résoudrait qu'une partie de sa situation. Or dans l'annexe en question jamais la communauté n’est évoquée…
 

Nathalie
https://synodequotidien.wordpress.com/reception/eveque-de-braga-2018/

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Les actualitésL’accueil des divorcés-remariés
Commentaires
JPT

La crainte d'élitisme est sans doute fondée, mais je trouve la démarche de cet évêque courageuse.
Je vis dans une paroisse rurale, et je sais que certains chrétiens divorcés communient, sans que cela ait l'air de scandaliser la communauté (ou ce qu'il en reste).
Il peut donc aussi exister le risque inverse, qui est de négliger l'engagement pris lors du "premier" mariage.
Aucun jugement de ma part, bien sûr.
Comment engager le dialogue dans des communautés où les niveaux de réflexion sont très différents?
Mais, tout de même, merci à cet évêque.

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