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Des vies bouleversées

Hubert CORNUDET
rosée
© CC0 Creative Commons

Dimanche 20 mai 2017 – Pentecôte – Ac 2, 1-11

Au fil de la lecture des Actes, on peut repérer combien le Saint Esprit, s’emparant des apôtres, a bouleversé leurs vies. Qu’en est-il pour nous aujourd’hui ? Avons-nous le désir de recevoir le Saint Esprit ?

Si, en réponse à notre prière, le Saint Esprit venait s’emparer de tel ou tel d’entre nous, assurément, ce ne serait pas pour le laisser tranquille ! Ne nous conduirait-il pas à nous singulariser devant les autres ? Nos proches, nos amis, notre famille ? Ne nous mettrait-il pas en opposition avec notre milieu professionnel, social, mondain, peut-être religieux ? Je crains que nous ne voulions bien porter notre témoignage de chrétiens, là où nous agissons, que lorsque le conformisme y trouve son compte... Ma foi, c'est bien humain !
Fête de Pentecôte ! Autrefois des langues de feu, des aventures de la foi, des risques à courir. Tout cela est-il encore valable aujourd’hui ?
L'Église se constitue et se construit inlassablement dans l’unique Esprit de Jésus Christ dont elle est le temple. C’est-à-dire que nous faisons partie de quelque chose dont nous n’avons pas la totale maîtrise car le propre de l’Esprit n’est-il pas de souffler où il veut ? Les images de feu, de vent ou de rosée peuvent nous aider à appréhender ce qu’est l’Esprit. L'Église est comme l’Esprit : elle est toujours plus que ce que nous en percevons. Par-delà ses malaises, ses rides et même ses déchirures, nous ne devons jamais oublier que le tissu de l'Église, c’est le don de Dieu.
L’œuvre de l’Esprit ne consiste pas à m’approuver quand je fais ce qui me plaît. Il n’accompagne pas les caprices ! L’Esprit, il me fait découvrir des choses que je n’imaginais pas. Comment se fait-il que je puisse les percevoir, comment se fait-il que chacun d’entre nous les perçoive au plus intime dans sa langue maternelle ? Remarquez bien, ce ne sont pas les autres, les étrangers qui comprennent ma langue ; c’est moi, avec mes préjugés, ma xénophobie, mes traces de racisme qui les entend me parler ma langue. Ce peut être celle des berceuses de mon enfance, ce peut être ces premières chansons apprises, ce peut être le partage d'une émotion devant un paysage ou à l'écoute d'une musique, ce peut être cette langue universelle de la souffrance. Cette langue, dite maternelle parce que tapie au fond de nos cœurs, n’est-ce pas la même que celle de mon voisin de banc, qu’il soit de droite ou de gauche, provençal ou breton, maghrébin ou vietnamien ?
Dieu n’est jamais complice de ce qui enferme ou de ce qui clôt.
Les apôtres ne cessaient de se rassembler pour célébrer Dieu et de voyager en renversant les barrières et les frontières que les hommes érigent pour proclamer cette bonne Nouvelle… Dans la langue universelle de l’Esprit !


Hubert Cornudet, op.

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