Vous êtes ici

Des femmes et des hommes de foi, de force et de persévérance, au service de Dieu

Anne-Joëlle PHILIPPART
© CC0 Domaine public

Dimanche 31 décembre 2017 – La Sainte Famille – Gn 15, 1-6 ; 21,1-3 ; He 11, 8.11-12.17-19 ; Lc 2, 22-40

La fin de l’année se clôture par la célébration de la Sainte-Famille. Pourquoi ce malaise à la lecture de ce thème et des textes qui ont servi à véhiculer tant d’images figées de la famille ? Et si une autre lecture était possible ? Et si tous ces personnages recelaient, en fait, une grande variété dans l’expression de leur foi ? Soudain, je relis les textes autrement, dans les silences et les creux, dans les coupures, dans les versets omis dans nos lectures du jour. Et là, fiat lux… Je les découvre. Je les vois. Ils et elles nous sourient et nous interpellent tout comme cet agir de Dieu luttant toujours en faveur des victimes, contre l’exclusion et le malheur.
Il y a d’abord Agar, la forte femme, en fuite devant les maltraitances subies. Yahvé, lui parle (Gn 16,13) par son ange. Il lui fait la même promesse qu’à Abram : « Je multiplierai ta descendance, tellement qu’on ne pourra plus la compter. Dieu a entendu ta détresse. » (Gn 16, 10.11b)
Puis, il y a Sara, la persévérante, reconnue capable d’être interprète de la volonté de Dieu. Ainsi Yahvé dit à Abraham : « Tout ce que Sara demande, accorde-le. » (Gn 21,12) Elle rejoint alors d’autres femmes de l’ancien testament, prophétesses inspirées comme Anne, la mère de Samuel (1S 1, 23), mais aussi la mère de Samson (Jg 13) et Hulda (2R 22,14-20), pour n’en citer que quelques-unes.

St Paul nous présente des exemples de personnages très variés qui ont osé l’impossible, guidés par la foi. Hors normes, ils nous semblent un peu inaccessibles. À nous de voir alors, proches de nous, ces chrétiens qui, au quotidien, sont animés par cette force invisible qui déplace les montagnes et restaure la justice là où triomphaient l’injustice et la violence. Ils sont ces bienheureux, cœurs purs, artisans de paix, persécutés pour la justice. Ils seront dans la joie et l’allégresse, appelés héritiers de Dieu (Mt 5, 8-12).

L’évangile de Luc décrit de magnifiques figures de croyants. Les premiers versets du chapitre 2 ne sont pas lus. Pourtant, ils nous offrent un discours fort, un hymne à la paix et à la justice prononcé par Marie, sortant ainsi de cette image de femme humble et silencieuse.
Siméon et Anne, l’un le juste et l’autre la prophétesse, nous montrent l’intelligence de la foi de « laïcs » qui ont vu ce que les prêtres du temple n’ont pas vu. Ils sont comme un clin d’œil à Vatican II et au Sensu Fidei.
Enfin, Anne annonce la résurrection et la gloire de Dieu. Souvent escamotée dans les lectures brèves, elle préfigure pourtant Marie de Magdala, apôtre des apôtres, porteuse du message central de la foi chrétienne.

Oui, de beaux textes certes, des personnages très divers mais quand on ose lire dans les creux, et qu’on y voit la Parole de Dieu qui s’infiltre et s’invite pour déployer la force de Son bras, et élever les humbles (Lc 2, 46-52), alors oui, les textes de ce dimanche nous parlent d’une famille mais ils parlent surtout de la force des femmes et des hommes, qui vivent leur foi en apportant au monde un peu de cette étincelle de l’amour de Dieu.
 

Anne-Joëlle Philippart

Rubrique du site: 
Les actualitésCommentaires des lectures dominicales
Ajouter un commentaire