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David Gréa : Une vie nouvelle : prêtre, marié, heureux

Anne SOUPA

Ordonné prêtre en 2000, David Gréa a été connu pour sa pastorale innovante au centre-ville de Lyon, dans l’église Sainte-Blandine. Aujourd’hui marié et père d’un petit garçon, réduit à l'état de laïc, il publie, le 18 avril, un livre, Une vie nouvelle : prêtre, marié, heureux (Les Arènes, 300 p., 18 €).

Anne Soupa : – Pourquoi avoir écrit ce livre ?
J’ai été interrogé par de très nombreuses personnes, croyantes ou non, depuis que j’ai décidé de me marier. J’ai constaté que le récit de mon histoire ouvrait à beaucoup les portes de la foi. Pour d’autres, elles trouvaient un encouragement face à des situations dans lesquelles elles se sentent prisonnières. J’ai donc voulu partager ma foi et expliquer comment elle se traduit concrètement pour moi.

A S. : – Le célibat des prêtres n’est-il pas au cœur du livre ?
Je ne suis pas un militant anti célibat. Je ne sais pas ce qu’il faut faire, comment et quand. En revanche, je peux raconter, témoigner de mon itinéraire. La vie pastorale est palpitante, et c’est pour cela que j’ai répondu à l’appel de Dieu, pour vivre, avec des chrétiens, et pour tous, la Bonne Nouvelle de l’Évangile.

A S. : – Votre paroisse était connue pour son rayonnement…
Oui, mais à la base, il y a une posture importante, celle du prêtre curé. J’ai cherché à vivre mon ministère de prêtre dans sa spécificité (liée à l’ordination) et pas plus. Ce que je veux dire, c’est que je ne me sentais pas « plus » responsable de la paroisse et de sa vie que les membres de l’église avec lesquels j’œuvrais. C’est ce que j’essaie de raconter dans ce livre. Lorsque le cléricalisme diminue, les laïcs qui s'impliquent cherchent moins le pouvoir ou à exister par leurs engagements. Les uns et les autres œuvrent, ensemble, dans la même direction.

A S. : – On peut penser que si vous vous êtes marié, c’est que vous n’étiez pas heureux comme prêtre ?
J’ai été un prêtre très heureux, à un point que je n’aurais pas imaginé. Le plus important, c’est que la joie bouleversante que j’ai éprouvée et qui s’est inscrite en moi par l’Évangile, je la vive concrètement dans ma vie personnelle, en Église, et pour le bien de tous. L’Évangile est actuel, Dieu parle aujourd’hui à ce monde, par le langage et pour les attentes de tous, sans exception. J’étais un prêtre très heureux, mais un homme au cœur assoiffé. Je me couchais souvent heureux et épuisé de ma journée. Dans ma prière, pendant les complies, revenait de plus en plus souvent mon désir d’avoir une compagne, « une aide », comme Dieu dit dans la Genèse, celle avec laquelle je tisserai ma vie.

A S. : – Vous avez rencontré votre évêque, mgr Barbarin, mais pourquoi avoir rencontré le pape, que vous a-t-il dit ?
Je vous laisse découvrir cela en lisant le livre !

A S. : – Quelle est votre situation ecclésiale ?
Je raconte, et c’est sans doute le chapitre le plus lourd de remise en cause pour l’Église catholique, comment s’est passé mon procès canonique. Au bout du compte, malgré mes tentatives, j’ai été déchu de l’état clérical. Je suis prêtre à vie par le sacrement que j’ai reçu, mais je n’ai plus le droit d’exercer mon ministère.

A S. : – Vous continuez à prêcher ?
Chaque jour, ou presque, j’écris un commentaire biblique. Avec ma femme qui est protestante, nous voulons lancer un mouvement œcuménique, rassembler les chrétiens qui souhaitent se retrouver à partir de tout ce qui leur est commun pour louer Dieu et le servir ensemble. Je suis aussi ponctuellement sollicité par des groupes ou des églises. Je réponds favorablement et avec joie !

A S. : – De quoi vivez-vous aujourd’hui ? Le diocèse de Lyon vous soutient-il  toujours ?
Non, les responsables du diocèse s’étaient engagés à me soutenir jusqu’à ce que je travaille, mais ils ont changé d’avis… Je termine une formation de coach car c’est ce qui se rapproche le plus de ce que j’ai fait pendant mes années de ministère. C’est passionnant et cela me permet de rayonner bien au-delà de l’Église. Je présente mon activité sur mon site « davidgrea.com ». Mais je n’en vis pas encore. Pour l’instant, on tâche de vivre mois après mois.

A S. : – Merci, où peut-on trouver vos méditations quotidiennes ?
Également sur mon site, il y a un onglet pour les retrouver.

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