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Cinq ans après l’élection du Pape François

Magnus LUX et Christian WEISNER
© Casa Rosada / Wikimedia Commons

Communiqué de presse de « Nous sommes l’Église » (Wir sind die Kirche)

« Poursuivre et intensifier le courant réformateur du Pape François! »
Cinq ans après l’élection du pape François (13 mars 2013), le mouvement « Nous sommes l’Église » s’adresse à lui pour l’encourager à continuer le processus de réforme engagé au sein de l’Église catholique romaine et à l’intensifier en toute cohérence. Le mouvement de réforme catholique appelle les évêques et les cardinaux qui ont élu François à le soutenir aussi avec leurs propres idées. « C’est seulement par la continuation de la mise en œuvre des réformes de Vatican II que l’Eglise pourra être sauvée ! », affirme le grand théologien suisse Hans Küng, ancien expert conciliaire qui va célébrer ses 90 ans le 19 mars prochain.
Durant les pontificats de Jean-Paul II (1978-2005) et de Benoît XVI (2005-2013), les réformes de Vatican II et d’autres renouvellements en attente ne furent réalisés que lentement, souvent relativisés par le Magistère et, pour bien des questions, même massivement empêchés et combattus. Malgré ces blocages de 35 ans et les nombreuses résistances de la part de la Curie et des dirigeants ecclésiastiques, le mouvement « Nous sommes l’Eglise » estime que le pape François a accompli bien plus que ce que le plus grand nombre pensait possible.
Le pape François est originaire d’Amérique latine, continent où beaucoup d’options de ce Concile réformateur furent accueillies, développées et mises en œuvre. François a apporté au Vatican la théologie de la libération – issue et pratiquée en Amérique du Sud malgré la ferme résistance de Rome – et il en fait profiter l’Église universelle. Il insiste sur l’idéal d’une Église pauvre, sur des projets de réforme à l’intérieur de l’Église, ainsi que sur des positions socio-politiques du pape Paul VI (1963-1978). Cf. aussi : www.pro-konzil.de.
Font également partie du programme du pape François : réformes ecclésiastiques dans le domaine des structures, de la finance et de la pastorale, de même que l’engagement pour des réformes sociales, une nouvelle compréhension du mariage et de la famille, une façon renouvelée de considérer le statut de la femme ainsi que la fin de la discrimination de l’homosexualité.

Soutien des réformes concrètes aussi dans les structures ecclésiales

L’exhortation apostolique Joie de l’Évangile (2013) montrait déjà très clairement la détermination de François pour les réformes concrètes, y compris celle de la structure de l’Église. L’encyclique socio-écologique Laudato si’ (2015) a été reçue très favorablement à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Église ; elle peut être prise comme un modèle de lettre pastorale. Le Club of Rome considère cette encyclique comme « historique », comme « borne », car elle démasque la logique suicidaire de la société de consommation et exige une nouvelle éthique environnementale.
Avec les deux synodes sur la famille (2014/15) et l’écrit post-synodal Amoris laetitia (2016), François a engagé le processus absolument urgent d’un développement ultérieur de l’éthique sexuelle et de la théologie pastorale.
Les réactions controversées par rapport à Amoris laetitia ont mis en route les discussions souhaitées par le pape François sur ces thématiques longtemps bloquées. Mais des systèmes absolutistes ne se laissent pas abolir simplement par des réformes continuelles ; des corrections et ruptures drastiques seront inévitables.
Le fait que le pape François a critiqué sans ambages les membres de la Curie lors des dernières présentations des vœux de Noël révèle combien demeure forte encore la résistance contre des réformes majeures concernant le Vatican. Paradoxalement, quelques cardinaux, évêques et théologiens refusent de suivre le pape François, alors qu’ils avaient exigé auparavant avec véhémence la loyauté aux papes précédents, et cela nonobstant l’adhésion très claire de François à la ligne de Vatican II.

Mondialement, des évêques et théologiens en charge de responsabilité
Face à ces résistances, le pape François a besoin de soutien sur son chemin de réforme. Ce soutien peut venir de groupes comme « Pro pope Francis » (pro-pope-francis.com.)
Ceci n’est pas suffisant. Suite à la décentralisation voulue par le pape François, ce sont actuellement les évêques et les théologiens qui sont chargés de chercher dans chaque pays ou région des solutions inculturées, respectant les traditions et les défis locaux. (cf. Amoris laetitia N°3). Dans la Constitution apostolique Véritatis Gaudium du 8 décembre 2017, François formule des attentes considérables concernant la théologie. Il exige un éveil, une pensée ouverte face aux grandes questions du temps actuel et aux problèmes concernant le monde entier. (N°3. 40)
Après des décennies de refus et de répression des élans novateurs de Vatican II et des premières années postconciliaires, le dialogue intra-ecclésial et le discours théologique sont à réapprendre. En tant que grand « Global Player », l’Église catholique romaine a des responsabilités – non seulement religieuses – qui vont bien au-delà de la communauté des croyants. Espérons qu’après deux pontificats restauratifs, l’Église catholique romaine revienne au courant réformateur depuis trop longtemps attendu. Qu’elle poursuive le processus indispensable à notre société globalisée qui est en train de changer si rapidement.
Face à tous ces devoirs urgents, « Nous sommes l’Eglise » espère, si Dieu le veut, que le pape François restera encore longtemps en fonction.

Traduction sœur Jacqueline Lorétan

 

Magnus Lux, lux@wir-sind-kirche.de
Christian Weisner, presse@wir-sind-kirche.de

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