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Chut… l’Esprit travaille.

Anne-Joëlle PHILIPPART
Pentecôte
http://jdanatrent.com/2011/06/pentecost-moments/

Dimanche 1er octobre 2017 – 26e dimanche du temps – Ez 18, 25-28 ; Ph 2, 1-11 ; Mt 21, 28-32

Miroir, miroir…quel est ce reflet de mes blessures dans les blessures de l’autre

Ce n’est pas moi, c’est lui ! C’est sûr, il a tout faux. Voilà, facile, affaire réglée ! Au placard cette foutue culpabilité. Quoique… Miroir, miroir… quel est ce reflet de mes blessures dans les blessures de l’autre ? Et au fond de ses yeux, n’est-ce pas aussi mon propre cœur qui pleure. Hausser les épaules puis quitter la scène serait plus facile. Et pourtant, n’y aurait-il pas, pour l’un et l’autre, un bout de chemin à faire ensemble ?

D’accord, mais on a beau tendre la main, il faut être deux pour danser un pas de rock ! Et c’est là que notre Foi peut nous aider. Nos petits pas d’humanité peuvent avancer dans les grands pas de Dieu

Ezéchiel nous parle de conversion, où le méchant devient le juste. Il nous parle aussi de régression, où le juste devient le méchant. Mathieu, nous parle de deux fils. Le premier dit d’abord non puis se ravise et le deuxième dit oui mais ne fait rien. Quant à Paul, il nous demande de nous aimer, de rechercher l’unité, d’oublier nos intérêts personnels, de nous conduire comme le Christ. Dans ce contexte, nous avons envie de hurler à la mission impossible. Quoi ? Aimer les méchants, les menteurs, les tricheurs ? Nous réconcilier avec quelqu’un qui nous a fait tant de tort ? Et, tant qu’on y est, tendre la joue gauche quand on nous a frappé sur la joue droite ? Donner notre tunique quand on nous a déjà pris notre manteau (Mt 5, 39-40) ?

Et pourtant, Dieu, lui, pardonne, inlassablement. Et Il parcourt même la montagne à la recherche de la brebis perdue (Mt 18, 12-13). Il voit avec ses yeux nos larmes, nos peurs, nos questions, nos souvenirs, nos douleurs.

Et comment faire pour voir avec les yeux de Dieu ?

Et si, en chacun de nous, il y avait le juste et le méchant, le fils qui se ravise et le fils hypocrite ? En chacun de nous, il y aurait alors cette part lumineuse qui éclaire notre part d’ombre. Le champ de blé où pousse aussi l’ivraie (Mt 13, 24-30) serait un peu notre terre intérieure avec un Dieu, heureusement, qui est patient. Il laisse pousser le blé. Et Il sait, quand il sème, que les ronces et le soleil empêchent les bonnes graines de grandir (Mt 13, 4-8). Ainsi, dans celui qui nous a fait si mal, il y aurait aussi ce champ de blé et d’ivraie. En lui, il y aurait cet humain qui veut faire le bien, et qui essaye véritablement, tout en étant empêtré dans ses ronces, ses blessures et ses parts d’ombre… qui répondent à nos parts d’ombre. Sans le vouloir, elles se sont croisées et heurtées. Alors, oui, débrancher tout, fuir et oublier serait plus simple, au mieux ! Et le poing sur la gueule, au pire ! Mais aucun ne grandirait. Ce serait laisser parler la chair et oublier la logique de l’Esprit. Le jardinier de l’Eden ne pourrait plus faire son travail. La Providence, ou le hasard, a fait se croiser nos douleurs enfouies. Et si c’était pour les panser mutuellement ? Chacun deviendrait le médecin de l’autre. Patience, non-violence, écoute, acceptation feraient peu à peu évoluer, comprendre, se rapprocher, se reconnaître pour mieux se connaître. Une lumière d’espérance lentement poindrait. Pardonner ? Allez, encore un petit effort ! Le vent souffle où il veut, tu entends sa voix (Jn 3, 8) et… l’Esprit travaille.
 

Anne-Joëlle Philippart

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