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« Bon Livre » n°8, juin 2017. Véra Baboun (avec Philippe Demenet), Pour l’amour de Bethléem. Ma ville emmurée.

Monique HÉBRARD

Prix littéraire de la Conférence : « Bon Livre » n°8, juin 2017

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les douze « bons livres » proposés par la Conférence.

Véra Baboun (avec Philippe Demenet), Pour l’amour de Bethléem. Ma ville emmurée.
Éd. Bayard – novembre 2016 – 190 pages– 15,90 €

Tout le monde connaît en théorie, ou même parfois pour y être allé, la situation de Bethléem, petite terre palestinienne entourée de colonies qui ne cessent de mordre sur son territoire, et emmurée.
Vera Baboun, palestinienne, chrétienne, maire de cette ville, plonge le lecteur au cœur de la pauvreté et des difficultés quotidiennes et administratives auxquelles les habitants sont confrontés.
Difficile de se rendre à Jérusalem à quelques kilomètres, et impossible quand on est un jeune. La peur entretenue par Israël fait de ces jeunes d’éternels prisonniers.
Vera Baboun raconte ce quotidien que l’on n’imagine pas.
Ce témoignage précieux se double dans le livre de son témoignage personnel étonnant. Née dans une famille riche de la ville, étudiante brillante et indépendante, elle se marie à 18 ans avec Johnny, un garagiste, et continue ses études universitaires au prix d’efforts incroyables, tout en élevant ses enfants. Mais son mari, mêlé à l’intifada, est arrêté par l’armée israélienne en 1990. Pour la jeune étudiante et mère de famille, c’est un choc d’autant plus inattendu qu’elle ne soupçonnait pas l’engagement de son mari dans le Fatah.
Johnny ressortira trois ans plus tard mais ne se remettra jamais. De plus son garage est détruit en signe de vengeance et le couple se débat dans des difficultés financières majeures. Johnny meurt en 2012. La voilà seule avec 4 enfants qui feront tous de brillantes études. Mais Véra avance toujours dans sa vie. En 2012 elle est élue maire de Bethléem, première femme à ce poste. Dans ses fonctions, elle fait preuve de la même volonté et œuvre avec intelligence pour le bien de ses administrés. Elle se bat sans cesse contre toutes les limites de la vie dans sa ville et contre l’émigration qui vide ce lieu saint de ses habitants et notamment des chrétiens.
À lire absolument pour posséder une meilleure conscience de la réalité de Bethléem et pour le témoignage bouleversant de cette femme à la foi, à l’intelligence et aux qualités humaines exceptionnelles qui, à travers les épreuves, garde le regard fixé sur l’Étoile.
 

Monique Hébrard

Rubrique du site: 
Livres du mois de l’année (2017)
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