Vous êtes ici

« Bon Livre » 2018 n°6, Patrice de Plunkett, Cathos, ne devenons pas une secte

Monique HÉBRARD

Prix littéraire de la Conférence : « Bon Livre » n°6, 2018

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les douze « bons livres » proposés par la Conférence.

Patrice de Plunkett, Cathos, ne devenons pas une secte.
Éditions Salvator – janvier 2018 – 160 pages – 15,90 €

De milieu bourgeois catholique, en mai 68, à 20 ans, il devient athée. À 40 ans, grâce à Jean-Paul II et au cardinal Lustiger, sa foi renait.
Mais, marqué par son milieu et journaliste au Figaro, son inclination va vers l’intégrisme, et / ou la spiritualité pure sans référence à l’Église.
Encore 20 ans plus tard il a fait tout un « travail » de conversion. Il lui aura fallu vingt ans, avoue t-il pour réaliser que la foi chrétienne est une révolution constante, qu’elle n’est ni une valeur ni un parti mais une personne, le Christ. Et qu’elle concerne tous les aspects de la vie y compris économiques, écologiques, sans oublier les migrants… ce qui n’est pas évident pour quelqu’un marqué par la « droite ». Et il reconnaît qu’il existe bien une « dérive française » qui consiste à continuer de penser avec son milieu et non avec l‘Église, et avec un réflexe identitaire catholique. Patrice de Plunkett a franchi le pas et il souhaite en témoigner avec courage. L’identité catholique doit laisser place à l’homme nouveau.
Dans son milieu social, le pape François est dénigré car « il change la religion ». Ses messages et ses grands textes sont qualifiés de socialistes. Il analyse la réapparition d’une « religiosité de classe », qui voudrait que le pape parle comme elle, qu’il soit un super souverain dans « une pénombre sacrale ».
Il analyse avec courage l’épopée Fillon comme porte drapeau des libéraux conservateurs cathos, et dénonce « un courant politique qui se prend pour le nouveau catholicisme français alors qu’il rejette la ligne économique et sociale de l’Église ». Or c’est cette doctrine sociale qui essaye d’incarner l’Évangile et d’autres papes l’ont prônée avant François, plaide l’auteur. Ce courant n’est-il pas sectaire en pensant qu’il incarne le catholicisme français… comme autrefois les donatiens ?
La position identitaire n’est pas chrétienne. L’identitarisme se fonde et s’empare de la perte d’identité. La peur d’être envahi est païenne. À monde nouveau, tâches nouvelles.
Ne parlons pas de « racines chrétiennes » mais de sources.
Ne fantasmons pas sur les racines du passé mais enracinons-nous en Christ. « La vraie tradition n’adore pas les cendres : elle ravive la flamme. » La sécularisation n’est pas un obstacle. Tout dépend de notre témoignage.
La vérité ne doit pas se confondre avec la conviction : il faut douter de nos convictions.
La morale chrétienne ne vaut rien s’il n’y a pas de rencontre avec le Christ.

Un témoignage fort et très courageux pour cet homme de droite qui dénonce les dérives de son milieu et qui ose dire cette révolution de la vie et de la pensée qu’engage une vraie conversion.
 

Monique Hébrard

Rubrique du site: 
Livres du mois de l’année (2018)
Ajouter un commentaire