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« Bon Livre » 2017 n°10, octobre 2017. Jean Druel, Je crois en Dieu ! – Moi non plus

TELLOU
Jean Druel, Je crois en Dieu ! – Moi non plus

Prix littéraire de la Conférence : « Bon Livre » n°10, octobre 2017

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les douze « bons livres » proposés par la Conférence.

Jean Druel, Je crois en Dieu ! – Moi non plus

Éditions du Cerf – avril 2017 – 160 pages – 12€

Ce petit livre, facile d’accès, n’est finalement pas un livre de plus sur le dialogue interreligieux. Très ouvert, il est à conseiller à tous, cathos, musulmans, juifs et (surtout ?) athés. La méthode fonctionne pour le dialogue interreligieux, mais aussi entre personnes croyantes et athées, entre parents et enfants (parce qu’on ne parle pas de la même chose…)

En effet, plus que tous les autres ouvrages sur le dialogue inter-religieux qui bien entendu prêchent pour une ouverture d’esprit et des dialogues ouverts et sans jugement, Jean Druel nous donne quant à lui des pistes concrètes. Reprenons au début. Ce petit livre est né d’une interrogation : pourquoi l’on ne se comprend pas entre religions ? Ou même entre personnes qui croient et personnes athées ?  Et l’auteur part du premier postulat que dès lors que l’on cherche à atteindre une position commune, on fait fausse route. Ce qui est important dans le dialogue inter-religieux, c’est justement le dialogue. Mais pas n’importe comment. Et c’est là que j’ai trouvé son opus, non seulement très intéressant, mais aussi complètement pratique et pertinent. Son expérience est que souvent l’on ne parle pas des mêmes choses et qu’il faut commencer par se mettre sur la même longueur d’onde, et donc pouvoir identifier le discours dans lequel on se trouve, pour se mettre au même niveau.

Jean Druel identifie donc 4 types de discours :

Le discours scientifique, avec des preuves démontrables, quantifiables. Le discours dogmatique qui engage la foi (ou pas) de celui qui l’émet, et repose sur son propre socle de vérités véhiculées par une communauté. Le discours sentimental est totalement subjectif et renvoie à celui qui l’émet. Enfin, le discours symbolique émet une vérité par le truchement d’un symbole, en créant un lien entre deux choses.

Bref, tout ce que veut démontrer Jean Druel, c’est que le dialogue vrai ne peut naître que si l’envie du dialogue est là. Il faut qu’à la base il y ait une certaine convivialité et surtout une grande confiance. Tout dialogue passe d’abord et avant tout par une écoute attentive. Il ne s’agit pas non plus de ne pas rentrer dans le dialogue, et de se demander pourquoi, et comment, mais de le faire en connaissance de cause.

Pour Jean Druel, le plaisir est dans le fait de comprendre, même si cela n’annihile pas les difficultés. Même si l’on ne se comprend pas. Mais il faut passer du temps à écouter et aussi à essayer de voir, d’entendre ce qui ne se voit pas et ne s’entend pas a priori. Écouter ce qui est important chez l’autre. Ne pas juger. Mais toucher ce qui est beau et grand chez lui.

« Le dialogue nait de la différence, il s’en nourrit, il la sublime en la rendant belle et aimable. »
 

Tellou – www.tellou.com

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