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Bientôt en France, une nouvelle traduction du Credo

Alain & Aline WEIDERT

 

Consubstantiel ? Non, mieux que cela !

On nous annonce dans La Croix (le 18-1-2018) qu’une réforme va prochainement entrer en vigueur. Il serait question d’abandonner dans le Credo l’affirmation que Jésus Christ, le fils, est « de même nature que le père » pour revenir à la formule du latin traduite en français par « consubstantiel au père ». Une réforme qui obligerait chacun à confesser à la première personne une formulation sujette à caution. Chacun ne pouvant faire autrement que s’identifier au contenu d’une parole que ses lèvres prononceraient.

Une telle réforme ne peut pas s’imposer

Les baptisés ne peuvent plus obéir aveuglément surtout lorsque cela engage leur parole propre, leur propre identité. Nous ne sommes ni girouettes ni perroquets manipulables, à la merci de décisions d’autorité qui seraient prises sans que nous y soyons préparés, alors que nous sommes les premiers concernés. Ce serait violer les consciences, tout au moins ne pas tenir compte du for interne de chacun. Une telle réforme n’est pas comme un nouveau slogan ou un nouveau mot d’ordre mobilisateur qui pourrait rester extérieur aux convictions intimes ou aux engagements individuels. Personne, même pas des évêques, ne peuvent imposer aux baptisés d’exprimer du jour au lendemain, sans sourciller, sans la moindre hésitation, une articulation de la foi, même reprise du passé, pour laquelle ils ne seraient ni sensibilisés, ni encore moins convaincus.

Avant d’accéder à une décision qui engagerait tous les baptisés comme un seul homme, même si une telle réforme d’expression collective était jugée nécessaire, il faudrait former, informer, convaincre, préparer les esprits. Les mots ne sont pas anodins. Il faudrait méthodiquement en faire valoir le bien-fondé, faire œuvre de catéchèse, d’intelligence de la foi, d’éducation. Être responsable de la foi c’est aider les autres à grandir en passant par les chemins d’une pédagogie de croissance. Voilà pour la forme qui, cependant, a à voir avec le fond.

Regardons maintenant le fond ! (document ci-dessous)

 

Alain & Aline Weidert, Chalvron près de Vézelay le 28 janvier 2018

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Commentaires
Françoise THARIAT

Si la réforme de la prière du Notre père est la bienvenue et justifiée, en effet, Dieu ni ne nous contraint, ni ne nous soumet, son dessein est que l'être humain soit libre, fort intérieurement afin de toujours tenir debout, de faire face aux événements de la vie, fort de la foi donnée, qui rend libre...
Par contre, la formule "consubstantiel au père" ! risque de poser chez certains , comme vous l'affirmez des problèmes de conscience. C'est grave pour les fidèles qui risquent d'être ne quelque sorte éberlués §
Question : est-ce que l'Institution pense faire preuve de modernité en réformant les textes ?
La nouvelle traduction du lectionnaire laisse poindre des variations de vocabulaire destinées à mettre au premier plan, à orienter, à manifester la puissance de l'Institution...

dr bernard onfray

Vraiment du n'importe quoi !
Alors qu'il y a Urgence à trouver des mots pour 2018

Philippe Lecoq

Très bonne contribution d'Aline et Alain Weidert.
La théologie des premiers conciles s’est formée en langue grecque. Vouloir être fidèle au latin pour traduire le credo, ce n’est pas forcément être fidèle à la théologie exprimée en grec. C’est ce qu’avaient compris les traducteurs d’après le concile Vatican II en traduisant par « de même nature ».
Le grec homoousios a été traduit en latin par consubstantialis qui a donné consubstantiel mais le mot grec est composé de homoios = semblable, même et ousios = essence, substance, être. On pourrait donc traduire par "de substance semblable". Consubstantialis signifie plutôt "en substance avec" (con venant de cum = avec) et indiquerait donc plutôt une fusion que le grec n'invite pas forcément à envisager. Or le texte original du symbole de Nicée-Constantinople est en grec ! Il semble là que la traduction du grec au latin est problématique. Il y a eu d'ailleurs de multiples querelles à propos du "homoousios".
Voici une preuve que la traduction du terme grec homoousios dans le latin consubstantialis posait quelque problème dans les premiers temps de l’Eglise : la traduction latine du symbole en grec du premier concile de Nicée en 325 comportait une parenthèse pour préciser que unius substantiae (le terme consusbstantialis n’est pas encore utilisé) traduisait le grec omoousios montrant par là une certaine gêne, voire un doute, dans le passage d’une langue à l’autre :
« … Iesum christum, filium Dei, … unius substantiae cum Patre (quod graece dicunt homoousion) = en Jésus-Christ Fils de Dieu … d’une seule substance avec le Père (ce qu’on dit en grec omoousion). Ce symbole repris et complété au 1er concile de Constantinople (381) adoptera alors le terme consubstantialis.

Ressources Cath...

Très sincèrement je ne vois pas le problème... Il ne s'agit de rien d'autre que de faire disparaître une équivoque car le Père et le Fils sont consubstantiels ! C'est ainsi que l'ont défini les conciles et les papes... qui vous ont donné ce même Crédo ! En effet, ce qui est consubstantiel est de même nature, mais ce qui est de même nature n'est pas forcément consubstantiel. Si vous refusez cela vous refusez la foi catholique. D'autant plus que 99,99% des gens ne seront même pas affecté par ce changement car ils ne le comprendront même pas. Et si on suit votre logique, les catholiques d'il y a quelques décennies auraient du résister au fait qu'on les fasse passer du mot "consubstantiel" au terme "de même nature" !

BOURDIN Jean-Paul

"car ils ne le comprendront même pas"... C'est bien là la remarque provenant d'une Eglise qu'on veut nous reconstruire avec la nostalgie d'une période d'avant Concile !
Qu'importent les fidèles, l'élite restera avec ses dentelles et dorures. Ré-habitons donc nos murs et nos richesses, restons entre nous avec notre charabia canonique et notre noble puissance (ou puissance de nobles). Nous, enfermés et heureux sous notre clocher, revenons donc à cette époque, ou notre folklore mystique et notre langage châtié nous permettaient d'accéder à la caste qui avait le pouvoir sur le bas peuple !... Nous pourrons bien aussi avoir éventuellement quelques oeuvres... Celles qui asservissent ou celle qui élèvent ?...
Et avec tout cela, où sont les jeunes ? Reviendront-ils ? Ceux qui ont la volonté d'être Signes d'Evangile hors les murs et ceux qui ont trouvé leur liberté à la suite de ces mouvements embrigadants et imposés pour satisfaire leur famille, les traditions et la caste.

Ressources Cath...

Bonjour cher Jean-Paul,

Tout d'abord je vous remercie d'avoir validé mon commentaire, car je doutais que cela arrive.

Votre description de « l’Eglise d’avant concile » est bien caricaturale ! C'est une réalité humaine qu'il y aura toujours une intelligensia avec son vocabulaire propre. Mais là n'est pas la question. La question est celle de la pastorale pour faire comprendre le dogme au peuple. Ca r vous admettrez que notre religion, même sans les « termes techniques » enchaîne les dogmes déconcertants ! La Trinité, l'Incarnation, aimer ses ennemis, se sacrifier, un Dieu qui a souffert, qui est mort, la Résurrection etc. Aussi le simple changement d'un mot qui se limite à corriger une ambigüité pour dire une vérité pure et simple (car c'est ainsi que l'a défini le Magistère infaillible de l'Eglise sous la conduite de l'Esprit Saint : le Père et le Fils sont conssubsatntiel) ne fera rien. Les fidèles ne verront même pas le problème. D'ailleurs je pense que vous êtes un des rarissimes à avoir poussé un cri d'orfraie à cette annonce...

« où sont les jeunes ? Reviendront-ils ? » Mais dans les chapelles traditionnalistes et conservatrices. Ce sont la rigueur et la vérité de la foi qui attirent les jeunes. Regardez où les jeunes se convertissent aujourd'hui. Je ne vous cache pas que je vais à la messe à Saint Nicolas du Chardonnet, aussi chaque année à Pâques une trentaine d'adultes sont baptisés et presque tous ont moins de 40 ans (et parfois beaucoup moins !) J'y ai moi-même été baptisé à 18 ans (et je l'aurais été à 16 si je n'avais pas eu des difficultés avec ma famille...).

In Domine et Domina,

Ressources Catholiques

gdupont2_5953

Ne pouvant plus réciter le credo je reste pratiquant et pendant le credo je lis ma proposition de foi:
Je crois en un seul Dieu, unique source infinie d'amour et de miséricorde, Présence immanente et invisible en tout être humain
Je crois en Jésus porteur du message divin,
aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés
Il parcourut le chemin de la souffrance et de la mort. Il fut crucifié pour ne pas avoir renié ses convictions face à la cupidité des uns et à la lâcheté des autres.
Il nous a appris à pardonner
Il mourut et fut enterré; mais il revit dans la plénitude de Dieu et de son Esprit Saint, présent dans la communauté universelle de son Eglise.
Il reste disponible pour tous ses frères et sœurs invités à l'accueillir.
Je crois en l'offre divine de nous guérir et de faire de nous de véritables êtres humains, libérés
Je crois en l'avenir divin de l'humanité, un avenir qui est vie sans limites

Visiteur

J'apprécie cette proposition, encore bien compliquée malgré tout.
Pas sûr que tous mes descendants sachent ce qu'est une " Présence immanente ".
Je rajouterai volontiers : je crois que le créateur m'a donné la mission de travailler avec les autres humains à l'amélioration de la création.
Et, pour ne pas rester à ce que connaissaient les Pères de l'Eglise ou les évêques politiques de Nicée Constantinople,(en pensant à l'extraordinaire développement des communications dans lequel nous vivons). Je crois que l'Esprit, présent en chacun des hommes (les femmes aussi bien sûr) comme une étincelle divine, m'invite à apporter ma part à la création qu'il m'offre à chaque instant. 
Et pourquoi ne pas évoquer le mal que chacun constate ? Je crois que Jésus par sa mort a été vainqueur du Mal.
Et enfin, le symbole des Apôtres ne suffirait-il pas ? Encore que le mot symbole ne soit  probablement pas le plus adapté aujourd'hui. Pourquoi revenir à des arguties historiques qui, à ma connaissance n'ont pas contribué à faire diminuer les gémissements de la création ?
Louis

 

Visiteur

Ce débat m'intéresse encore car j'ai 84 ans.
J'ai 6 enfants et 20 petits-enfants. Consubstanciel ou de même nature ? Les moins respectueux me diraient " rien à battre ". Les autres mon pauvre grand-père !
Le Credo pourrait-il faire comprendre que la Trinité manifeste que Dieu est Amour ?
Difficile dans le monde où nous vivons de proposer de croire que la création est un acte d'amour !
Par contre, chacun peut constater qu'elle " gémit dans les douleurs de l'enfantement "  (avec une grande partie de l'humanité). Elle attend que les hommes - fils de Dieu - " humanisent l'humanité ".
Ce n'est pas en améliorant des traductions du latin ou du grec sur un point de détail que l'Eglise permettra à la création " d'accoucher d'un monde nouveau ".

 

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