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Au plus intime de soi, reconnaître Sa trace

Michel MENVIELLE
© CC0 Domaine public

Dimanche 28 janvier 2018 – 4e dimanche du Temps ordinaire – Mc 1, 21-28

Jean a été livré. Jésus vient en Galilée, proclame la Bonne Nouvelle, appelle à la conversion et avec ses premiers disciples, pénètre dans Capharnaüm.

Un jour de sabbat, Jésus entre dans la synagogue et enseigne. Marc, qui ne rapporte pas le contenu de cet enseignement, précise que les témoins sont frappés de stupeur. Jésus, « était enseignant comme ayant autorité et non comme les lettrés (les docteurs de la loi, en l’occurrence) » (Mc 1, 22). Était enseignant… Cette traduction, au plus près du grec, souligne que Marc met l’accent sur la façon dont Jésus enseigne, et non pas sur ce qu’il enseigne. C’est la manière dont Jésus s’adresse à eux qui stupéfie ses auditeurs.

Stupeur, mais aussi vocifération. Un des auditeurs, qui était avec un esprit impur littéralement dans – pousse un cri et interpelle Jésus ; et, au plus près du grec, lui dit : « Quoi à nous et à toi ? Es-tu venu nous perdre ? Je sais qui tu es : le saint de Dieu ! » Littéralement : « Je sais pour avoir vu. » Témoin de l’enseignement de Jésus, l’esprit impur comprend, lui, le lien intime entre Jésus et Dieu. Jésus enjoint à cet esprit de sortir hors de cet homme. Ce qu’il fait. Et, tous les témoins, nous dit Marc, sont à nouveau saisis de stupeur : « Qu’est ceci ? Un enseignement nouveau en-ce-qui-concerne l’autorité ; et il donne des ordres aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » (Mc 1, 27)

Pour désigner l’esprit divin – en particulier l’Esprit Saint – ou les esprits impurs, en grec et en français, un même mot : pneuma. Marc nous dit que l’esprit impur enferme sa victime – il est avec elle, au sens de « dans lui » et il lui nie son humanité propre en la subordonnant à la sienne. C’est ce que montre son emploi du « je » et du « nous » lorsqu’il apostrophe Jésus. Parler d’esprit impur, c’est parler de relation pervertie entre humain et divin.

Lorsqu’il façonna l’humain, Adonaï Élohim « souffla dans ses narines un souffle de vie ; et l’Adam eut un souffle vivant » (Gn 2, 7). Présence divine, au plus intime de l’humain, qui accompagne sans s’imposer, discrétion d’un souffle qui se laisse discerner et qui participe de la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus. Ainsi, l’invective de l’esprit impur exprime la différence radicale entre « l’être avec » qu’il impose et celui que Jésus annonce.

L’autorité que manifeste Jésus, par son enseignement et par ses actes, signe pour moi sa complète harmonie avec le divin qui réside en lui. La stupeur des témoins signe leur méconnaissance de la présence divine, au plus intime d’eux-mêmes. Reconnaître cette présence ne serait-ce pas répondre à l’appel à la conversion, grâce à la rencontre de personnes qui manifestent cette présence, les pêcheurs d’humains, qui ont choisi d’accompagner Jésus (Mc 1, 17) ?
 

Michel Menvielle

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