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« Au commencement était le verbe. »

Hubert CORNUDET
© CC0 Creative Commons

25 décembre 2017 – Messe de la nativité du Seigneur – Jn, 1, 1-18

Pour nous, cette première affirmation, est-ce un résultat – celui très élaboré de l'évangéliste – ou bien est-ce une source puissante comme un cri prophétique ? Les prophètes, ils ont des paroles qui mettent en marche ; ce ne sont pas des paroles de conclusion.

Au commencement. La banalité de la naissance d'un enfant ne l'est plus quand on touche au principe.

Le Verbe s'est fait chair. La parole s'est faite homme. Parole d'origine : « Dieu a fait le monde par lui », nous dit la Genèse. Parole qui brise le silence de la nuit des temps. Parole d'origine, parole de naissance, parole de recommencement pour certains. En tout cas parole peu banale.

Noël sera-t-il cette fête où la parole prendra corps en nous ? Il ne peut y avoir de vrai Noël en dehors de nos réalités de chair, de souffrance, de joie, d’espoir.

Depuis 2000 ans, parole fragile, parole qui vient sur la terre et qui ne retourne pas à Dieu sans avoir accompli son travail et pourtant parole à laquelle l'homme résiste depuis le jardin de la Genèse.

Parole fragile à l'image de l'enfant de Bethléem. Quand Dieu se fait chair , il se fait enfant. Quand la parole se fait homme, cela passe forcément par la fragilité. Quand nous parlons en vérité, quand nous disons des mots vrais, nous ne baratinons pas, nous balbutions comme les enfants. La Parole comme la prière d’ailleurs est économe de mots. L’accumulation de mots ne fait pas une parole.

Et le verbe s'est fait chair ; le Fils de Dieu s'est fait l'un d'entre nous. Si vous en doutez il vous suffit de constater qu'après 2000 ans Lui, la Parole, n'obtient pas, apparemment, un plus grand succès que tous les marchands de paroles.

« Il était dans le monde et le monde ne l'a pas reconnu. »" « Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. » Ce mystère de notre refus, ce possible refus de l'homme, dans l'espérance, j'ai envie de le transformer en improbable. Le système général de non compréhension qui précédera la mort du Christ est déjà abordé : ce prologue de Jean parle de lumière et de ténèbres. Jean ne nous invite pas à une émotion attendrie devant une crèche ; non, la méditation de l'Incarnation ne peut se faire sans le mystère de la passion.

La parole, nous la recevons aujourd'hui. « De sa plénitude, tous nous avons reçu grâce sur grâce. » Nous recevons la grâce d'une naissance à vivre, la grâce de l'amour contre l'indifférence, la grâce de la chaleur contre la raideur.

C'est Noël quand les baratineurs et les bonimenteurs de toute sorte délaissent les fausses paroles et laissent surgir du plus profond de leur chair la parole vraie, celle qui se transmet au plus intime de l'échange amoureux, de l'échange amical, de l'échange fraternel.

Il n'y a rien d'ésotérique dans la fête de Noël, il n'y a rien qui pousserait à rêver ou à rêvasser. Le verbe s'est fait chair. Il l'a fait par amour.

Quand l'annonce de Noël surgit, « les enfants de lumière ont autre chose à faire que de guerroyer contre les fantôme de l'obscurité » (D. Cerbelaud).


Hubert Cornudet

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