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A propos de la pédopholie

Marie-Jo THIEL
Présentation document épiscopat 1998, La Croix, mars 2017
copie d'écran LM 7/09/2018

Document épiscopat de 1998 : « À propos de la pédophilie » (extraits)
 
20 ans déjà… 20 ans que les évêques français se sont penchés sur ce document dont il nous parait utile de rappeler l’existence. Un document de douze pages, très dense (donc impossible à résumer) qu’a rédigé Marie-Jo Thiel, docteur en médecine et en théologie, professeur à l’Université de Strasbourg. Elle a, selon La Croix, « littéralement retourné les évêques » français réunis à Lourdes en 2000, qui « ont pris l’engagement de rompre le silence qui entoure ces actes », écrit leur président Mgr J.P. Ricard dans Lutter contre la pédophilie : Repère pour les éducateurs (52p + fiches pédagogiques) publié en 2002. Une actualisation est parue en 2010, puis en 2017.
 
La définition de « pédophilie » demanderait à elle seule un article…
« La » pédophilie comme essence « pure » n’existe pas ; elle n’est pas un en soi qu’il suffirait de repérer puis de dénoncer, traiter, éradiquer… D’autre part une tendance n’est pas assimilable à un passage à l’acte et toutes les formes de pédophilie ne sont pas superposables ; enfin, aucune personne ne saurait être identifiée ni à ses tendances, ni à ses passages à l’acte…
Affirmer que l’on a identifié, jugé ou condamné « le pédophile », c’est parfois se donner à croire que l’on a débarrassé, purifié la société d’un être diabolique ; attitude éminemment naïve et aliénante d’une politique d’autruche : le mal serait-il écarté quand il est montré du doigt, quand l’autre devient l’intrus, voire le « monstre » jeté à la pâture populaire et au sensationnalisme des médias ? N’est-ce pas de surcroît se laver les mains de toutes responsabilités et finalement se croire sottement dédouané de ce repère général et théoriquement reconnu de santé publique : « Prévenir plutôt que guérir » ?…
 
Quand bien même le pédophile a été lui-même agressé sexuellement dans son enfance, cela ne suffit pas ni à expliquer le passage à l’acte, ni à le justifier…
Si l’enfant n’a pas l’occasion de parler, il se trouve désespérément seul, incapable de verbaliser ce corps sali devenu trop lourd, n’ayant plus la force bien souvent de briser la loi du silence…
Le fait que, pour 40% des sujets condamnés pour pédophilie, le premier passage à l’acte se situe au moment de l’adolescence, donne à penser…
 
Il importe tout d’abord, parce qu’il est rarissime qu’un jeune enfant fabule, de prendre au sérieux tout signalement d’un acte pédophilique…et de rappeler fermement l’interdit sociétal afin que l’enfant soit rassuré et se sente protégé par un repère fort…
Le Conseil de l’Ordre des médecins prône une sagesse du juste milieu qui s’emprunte comme un chemin escarpé, exigeant, mais sans doute seul susceptible de respecter les enjeux : l’interlocuteur ou l’observateur, écrit-il, « peut dénoncer et témoigner dans des affaires de sévices à enfants… Il doit cependant faire preuve de prudence et de circonspection, car il ne dispose pas toujours de certitudes mais seulement de présomptions, et son action pourrait porter préjudice aux victimes »…
 
Le secret de confession tient une place à part. Reconnu par le Code pénal français, il n’admet pas d’exception…
La notion de secret confié ne se limite pas au secret de confession… Un prêtre qui a reçu la confidence d’actes pédophiliques peut-il par, exemple, partager ce secret avec quelqu’un ?… Un prêtre peut et sans doute devrait, dans le cadre épiscopal qui est le nôtre, en avertir l’évêque du lieu.
Il ne peut être question de « couvrir » des actes graves. Le cardinal Danneels rappelle ainsi que « les évêques ont des responsabilités à prendre pour qu’il n’y ait pas deux poids et deux mesures »…
 

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Commentaires
Dr Claudine Onfray

Oui la pédophilie a été prise en compte par nos évêques il y a bientôt 20 ans . Mais aucun d'eux n'a pris la mesure des séquelles chez un enfant , ni des précautions à prendre envers les futurs prêtres , leur maturité affective, l'impact d'un célibat imposé .........l'absence de femmes compétentes indépendantes . Quand on assimile l'IVG aux crimes nazis , quand on ignore le fait que l'on nait homosexuel , quand on dit : grâce à Dieu il y a eu prescription il est évident que l'on est incapable d'imaginer l'ampleur du problème !!!

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