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L’annonce de la foi : regards croisés une catho / un musulman

Marceau BONDILANGE – Thierry PÉRA
Icône « saint François et le sultan »
Icône « saint François et le sultan » avec l'aimable autorisation du monastère du Gai-rire


Lors d’une rencontre interreligieuse à Belfort avec des enfants du caté nous avions visité une classe d’annonce de la foi musulmane. Cette visite a produit en nous des sentiments de familiarité et de découverte. Familiarité, car quoi de plus commun pour nous qu’un (une en l’occurrence) catéchiste face à des jeunes ? Découverte, car le contenu nous était étranger. Ainsi l’idée est née d’un dialogue croisé. L’objectif n’est pas de faire un exposé exhaustif mais d’assouvir nos curiosités mutuelles sur nos réalités vécues.
Isabelle Morel est, entre autres, docteur en théologie, maître de conférences en théologie catéchétique et responsable de la formation sur le diocèse de Besançon.
Ahmed Mostefaoui n’est pas docteur en théologie mais en informatique… Il est responsable d’une association cultuelle et c’est un acteur majeur du dialogue islamo-chrétien sur Belfort. Comme il le dit toujours, les opinions qu’ils expriment sont les opinions personnelles d’un musulman et à ce titre elles n’engagent que lui-même.


Comment sont définis la pédagogie et le contenu de l’annonce de la foi ? Est-ce centralisé par pays ? Est-ce défini par communauté géographique ou par communauté de sensibilité ?

Ahmed : À ma connaissance, il n’y a pas en Islam un processus formel d’annonce de la foi. Le dogme en Islam, en raison de sa simplicité et donc de son accessibilité à la compréhension des enfants, est « transmissible » de manière, je dirais, « naturelle » à travers la pratique religieuse (prières quotidiennes, jeûne, fêtes, etc.), très présente dans la vie du musulman. Je rappelle que le dogme en Islam est fondé sur la notion fondamentale d’un Dieu unique transcendant sans équivalent régnant sur toute sa création, y compris l’humanité.
Bien entendu, le contexte culturel, familial, traditionnel joue un rôle prépondérant sur la façon dont la foi est transmise aux enfants.
Au niveau pédagogique, de manière générale, nous privilégions les sourates courtes, plus faciles à mémoriser pour les enfants. Ces dernières se trouvent à la fin du Coran et ne nécessitent pas une exégèse plus profonde que la simple explication du sens des mots. À titre d’exemple, la sourate « El Ikhlass » (qui peut être traduite par : monothéisme pur) dit en l’occurrence : « Dis : "il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui." » Comme on peut le constater, le sens de cette sourate est parlant de lui-même et ne nécessite pas une exégèse poussée pour être expliqué aux enfants et compris par eux.
Il n’y a pas de tafsir (interprétation) de référence puisque l’exégèse du Coran reste une activité/effort intellectuel de tous les temps. Toutefois, pour les besoins des débutants (et donc les enfants), je leur conseille l’exégèse (ou plus précisément le commentaire) de Al Jalalayn pour sa simplicité et son accessibilité.

Isabelle : Du côté de la religion catholique, j’aurais envie de dire, dans un premier temps, que les choses sont « une peu plus formalisées ». Surtout en ce qui concerne ce que l’on pourrait appeler le « contenu » de ce qui est à transmettre. Nous disposons d’un ouvrage de référence qui permet de vivre une forme de communion au niveau de « ce que nous croyons ». C’est le Catéchisme de l’Église catholique. Paru en 1992 et traduit en de nombreuses langues, il est toujours d’actualité et permet à tous, à travers le monde, de s’appuyer sur les mêmes références. On y trouve des éléments fondamentaux de la foi catholique : la prière du Notre Père, les affirmations du Credo, les dix commandements et les sacrements par exemple.
Mais il y deux points, auquel je tiens beaucoup, et qui permettent de nuancer ce qui pourrait vite, trop vite peut-être, être catalogué comme « un peu trop rigoureux » :
Ce que nous avons à transmettre ne se réduit pas à un « contenu figé ». St Augustin (un des Pères fondateurs de l’Église, aux 4e et 5e siècles) faisait déjà à son époque la distinction entre ce qu’il appelait la fides quae creditur et la fides qua creditur. La fides quae creditur désigne « ce qu’il faut croire », c’est-à-dire ce que l’on appelle parfois un peu rapidement le « contenu » à transmettre, ce que l’on ne peut inventer par soi-même et qui nécessite que quelqu’un nous l’apprenne de manière explicite (les paroles de telle ou telle prière par exemple). La fides qua creditur, quant à elle, désigne « la foi par laquelle je crois », c’est-à-dire le mouvement d’adhésion personnelle, cette conversion intérieure qui suppose que l’on choisit bel et bien d’accorder crédit à Celui en qui on dit croire. Pour St Augustin, ce sont ces deux aspects de la foi qui sont à transmettre. Et je mets volontiers mes pas et mes paroles dans les siennes sur ce point. On peut faire apprendre par cœur des phrases et des phrases à quelqu’un, s’il n’a pas envie intérieurement d’y croire, il n’y a pas véritablement transmission, en ce qui concerne la foi catholique en tout cas. Autrement dit, le Catéchisme de l’Église catholique ou la « transmission du contenu » est nécessaire et indispensable, mais elle ne suffit pas. Il faut aussi la conversion du cœur, le mouvement d’adhésion personnelle. D’autant que la foi catholique est d’abord une affaire de relation personnelle et communautaire avec une personne : le Dieu de Jésus Christ.
Et puis, du côté de la pédagogie (je devrais plutôt dire « des pédagogies ») déployée, il y a en ce domaine de la place pour l’évolution, la recherche, l’adaptation au monde, au contexte de chaque époque et de chaque âge. Au niveau de l’Église universelle, un Directoire catéchétique général donne des orientations pédagogiques communes aux catholiques du monde entier depuis 1997. Mais ce document demande à chaque pays d’ajuster ces orientations à la réalité locale. C’est ainsi qu’en France, les évêques ont voté en 2006 un Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France qui précise ces orientations pédagogiques pour le contexte français. Dans chaque diocèse, l’évêque du lieu précise également quels sont les documents catéchétiques qu’il souhaite voir utiliser.


Dans la Tradition catholique nous parlons de transmission de la foi. Nous aimons l'image du catéchiste qui à la manière du Baptiste s'efface après avoir désigné Jésus pour permettre au catéchumène de vivre sa relation au Christ vivant.
Ce terme est-il approprié pour l’Islam et comment la transmission de la foi est-elle envisagée ?

Ahmed : À ce stade, il est nécessaire, à mon avis, de se mettre d’accord sur ce que nous entendons par « foi ». D’après une définition classique du dictionnaire Larousse : « Engagement que l'on prend d'être fidèle à une promesse : Violer la foi conjugale. Toute adhésion ferme et fervente de l'esprit à quelque chose : Foi politique. Foi dans une idéologie. Confiance absolue que l'on met en quelqu'un, quelque chose : J'ai une foi totale en lui, en ses capacités. » Dans le contexte de notre dialogue religieux, je peux définir la foi en une confiance totale et absolue en Dieu, en d’autres termes, être en adhésion confiante au projet divin. C’est l’essence même du mot « islam » qui, je rappelle, n’est pas spécifique à une catégorie de personnes mais un terme générique désignant toute personne ayant la foi au sens que je viens de mentionner ci-haut. À partir de là, cette notion de foi, c’est-à-dire adhésion confiante et absolue au projet divin, se transmet aux enfants surtout par la pratique concrète. Expliquer aux enfants que nous avons la foi en Dieu et que nous adhérons à son projet se traduit dans la pratique par des gestes concrets comme la prière rituelle quotidienne, par l’empathie envers les autres et envers sa création (prendre soin des animaux par exemple), par la charité pratiquée et vécue, par l’aumône aux pauvres, etc. En ce sens, l’islam est une religion de pratique omniprésente au quotidien, ce qui offre naturellement plus de situations de mise en pratique, et ainsi facilite la « transmission » de la foi aux enfants.
L’islam est avant tout un livre sacré qui est le Coran, à travers lequel Dieu s’est adressé à l’humanité. Notre prophète Mohammed (saws « Que la paix de Dieu soit sur lui », formule de respect usuellement utilisée par les musulmans à l’évocation des prophètes), de par sa position de « récipient » de cette révélation coranique, est un modèle de mise en pratique des enseignements contenus dans ce livre. D’ailleurs, dans une tradition prophétique authentique, sa femme Aïcha a dit sur lui : « Son comportement était le Coran. » C’est dire la place et l’importance de la tradition prophétique en Islam.
Néanmoins, je tiens à préciser un point qui me semble important de rappeler ici. Autant l’authenticité du texte coranique ne fait aucun doute, celle des « hadiths », c’est-à-dire les paroles et les gestes du Prophète (saws) est sujette à des doutes. Un travail d’authentification de ses hadiths a été entamé deux cents ans après sa mort (9e siècle) et il continue jusqu’à nos jours.

Sur quoi s’articule l’annonce de la foi ? Sur quelle base est-elle faite ? Quel est le contenu de la catéchèse catholique et du "caté musulman" ?

Ahmed : À proprement dit, il n’y a pas, à ma connaissance, un contenu formel et validé d’un « caté musulman ». Je ne suis même pas certain que la notion de catéchisme existe en Islam. Ceci est dû au fait qu’en Islam, il n’y a pas de sacrement : on devient musulman par le simple fait de la prononciation de la profession de foi musulmane : « J’atteste qu’il n’y a d’autres divinités qu’Allah et que Mohammed est son prophète. » Le parcours du musulman, qu’il soit jeune ou adulte, dépendra par la suite de ses aspirations spirituelles, de son contexte social et culturel, etc.
En ce qui concerne les piliers de la foi en Islam, je ne parlerais pas d’une catéchèse mais plutôt d’une explication simple et accessible du fameux « hadith », dans lequel un dialogue fut engagé entre le Prophète Mohammed (saws) et l’ange Gabriel, lui apparaissant sous la forme d’un homme. Ce dernier l’interroge : « ô Mohammed, informe-moi au sujet de l’islam. » Mohammed (saws) lui répondit : « L’islam veut que tu témoignes qu’il n’est pas de divinité si ce n’est Allah et que Mohammed est l’envoyé d’Allah ; que tu accomplisses la prière cinq fois par jour ; que tu verses l’aumône ; que tu jeûnes du mois de ramadan ; que tu effectues le pèlerinage à La Mecque si ta santé et tes revenus te le permettent. » « Tu dis vrai ! » dit l’homme.
En réponse à la question sur la foi, le Prophète répondit : « C’est de croire en Allah, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses apôtres, au Jour Dernier et de croire dans le destin imparti pour le Bien et le Mal. »
Il n’y a pas de programme préétabli d’enseignement islamique, en tout cas pas à ma connaissance. Comme je l’ai évoqué précédemment, la foi musulmane, de par sa simplicité, ou plus précisément à cause de l’absence de mystère, fait l’objet d’un consensus général entre tous les musulmans (sunnites, chiites pour n’en citer que les plus importants) à l’exception de quelques sectes marginales.

Isabelle : Le « contenu » de la foi est un terme que je trouve enfermant. Il conduit souvent d’ailleurs à opposer « méthode » et « contenu » dans des débats à n’en plus finir, certains ayant peur de trop de laxisme à force d’innovations pédagogiques et d’autres de rigorisme à force de recours au dogme. C’est un débat stérile qui empoisonne la communauté catholique dès qu’elle se préoccupe de transmission de la foi.
Aujourd’hui, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur des théologiens de la catéchèse, et le pape Benoît XVI en est l’un des plus grands, qui comprennent le « contenu » à transmettre dans la foi catholique en même temps comme un ensemble d’éléments dogmatiques à apprendre et comme une expérience de vie chrétienne (communautaire, liturgique, de prière et d’actions solidaires) à découvrir, vivre et entretenir. Les deux vont ensemble, s’éclairent mutuellement, et sont à mon sens indissociables pour une transmission réussie. C’est déjà ce que disait St Augustin à son époque… On l’a parfois oublié malheureusement.

À l'instar de sa grande sœur juive, la religion de Mohammed dispose d'une langue sacrée l'arabe. C'est dans cette langue que le Coran est révélé. Est-il indispensable de connaître cette langue et comment l'apprendre ? Et pour les catholiques y a-t-il une langue privilégiée, une langue de la tradition ?

Ahmed : Permettez-moi d’éclaircir un petit point : la langue arabe n’est pas sacrée en Islam car elle a été et elle est aussi la langue du paganisme passé et présent. Certes, le Coran, notre livre sacré, a été révélé à notre prophète (saws) dans cette langue et c’est à partir de cela que nous aimons la langue arabe, en plus bien entendu de sa richesse. Est-il indispensable de connaître l’arabe pour devenir musulman ? Je dirais que non, car bien des peuples musulmans ne sont pas arabes. En réalité, les Arabes ne représentent qu’une partie minime de l’ensemble des musulmans. Toutefois, pour la prière quotidienne, il est nécessaire de pouvoir réciter des versets du Coran en arabe. L’apprentissage phonétique de ces versets est généralement suffisant.
Toutefois, il est à noter que la civilisation musulmane, d’expression arabique, a marqué de manière indélébile le progrès humain. Elle a engendré un patrimoine civilisationnel immense qui reste encore à nos jours non encore totalement étudié et exploré. Permettre à nos enfants d’acquérir les rudiments de cette langue, c’est leur ouvrir grand les portes de ce trésor. De la même manière qu’il est nécessaire actuellement, dans un monde globalisé, de maîtriser la langue anglaise.

Isabelle : La Bible a été écrite à différentes époques et dans des langues différentes. La plus grande partie (ce que l’on appelle l’Ancien Testament) a été écrite à l’origine en hébreu. Cette langue appartient à une famille de langues dites « sémitiques », comme l'arabe me semble-t-il. Jésus était juif et nous partageons certains de ces textes avec nos frères juifs. Le Nouveau Testament, plus récent, a été écrit pratiquement entièrement en grec, la langue principale utilisée dans le pourtour méditerranéen dans les premiers siècles après la naissance de Jésus. Quelques passages proviennent de l’araméen, mais très peu. Très vite, la Bible a été traduite en latin, puis dans différentes langues vernaculaires. Il n’y a pas, au sens strict du terme, une « langue privilégiée » car la foi catholique est appelée à « s’inculturer » dans toutes les langues. La Bible est d’ailleurs le livre le plus traduit au monde. C’est un immense travail qui demande toujours des précisions et des améliorations.
Cependant, pour répondre complètement à la question, il faut préciser qu’il y a bien une langue dans laquelle nous sommes obligés de proposer un premier texte officiel, destiné à être traduits de multiples fois, lorsqu’il s’agit de communiquer quelque chose depuis Le Vatican aux catholiques du monde entier. Cette langue, c’est habituellement le latin, en raison de son importance historique. C’est aussi la langue privilégiée dans certains lieux de pèlerinages par exemple, pour pouvoir tous chanter un même chant d’un même cœur lorsque l’on provient d’horizons et de langues très variés.

De nombreuses paroisses célèbrent des messes caté pour insister sur l'importance des sacrements reçus dans la foi. Existe-t-il dans l’Islam des prières spécifiquement adaptées aux enfants ?

Ahmed : Non, les enfants sont considérés comme des musulman-e-s à part entière. L’enseignement débute avant tout dans la sphère familiale, c’est-à-dire dès les premiers jours de l’enfant. Ensuite, l’école coranique viendra en appui de cet enseignement en mettant les enfants ensemble afin de vivre concrètement des expériences de groupe, très bénéfiques pour eux, notamment en phase d’apprentissage. Elle est là avant tout pour leur dispenser des enseignements sur la pratique religieuse (comment faire la prière, comportement en société, rapport avec les parents, avec les faibles et les pauvres, etc.) et les aider à mémoriser des versets du Coran.

Les questions de société sont-elles abordées lors des séances de l’annonce de la foi ? Par exemple l'islam est parfois instrumentalisé socialement avec des conflits sur des valeurs défendues par la République. C'est un peu la question qui fâche : est-ce que ces problématiques sont traitées ?

Ahmed : Je dirais que c’est un des enjeux majeurs que nous essayons (avec un groupe d’enseignantes et de parents) de traiter à travers nos efforts pour faire émerger des écoles qui tiennent compte de ces soi-disant conflits ou, plus politiquement correct, incompatibilités ! Partant de notre conviction profonde, fondée sur des années d’études et d’efforts intellectuels, qu’il n’y a aucune incompatibilité entre l’Islam et la vie en Occident en général et en France en particulier, nous souhaitons instruire la nouvelle génération sur cette vision de l’Islam qui s’inscrit tout naturellement dans une évolution positive et non conflictuelle comme certains souhaitent nous le faire croire/imposer sciemment (par calcul politicien et opportuniste) ou inconsciemment (simplement par ignorance et par paresse intellectuelle). Le savoir, et son corollaire le dialogue qui le met en exergue, doivent être notre leitmotiv dans cette entreprise et aucune question ne doit être ignorée et laissée de côté car il en va de l’avenir de notre communauté nationale dans son ensemble.

Qu’aimeriez-vous dire aux chrétiens et que pensez-vous de leur catéchèse ? et vice versa !

Ahmed : Je me contenterai ici de livrer quelques impressions de mes rares visites aux classes de catéchèse. Lors de ses séances, des discussions ouvertes souvent sous la forme de questions-réponses, beaucoup de sujets y sont abordés concernant à la fois les fondements de la religion et ses aspects pratiques. Ces séances sont pour moi des moments privilégiés d’échanger en toute liberté avec les enfants sur des préjugés ou des idées-reçues sur l’Islam. J’ai toujours salué cette démarche courageuse et constructive de la part des responsables. J’aurais voulu faire de même, si l’opportunité m’était donnée, pour des classes musulmanes.
Au-delà du travail avec les classes d’enfants, j’ai l’intime conviction que tous les croyants, principalement les chrétiens et les musulmans, doivent œuvrer ensemble pour un rapprochement encore plus étroit. Par rapprochement, j’entends au-delà du dialogue inter-religieux, certes nécessaire, mais trop souvent confiné à une élite. Je souhaite qu’il y ait de vrais projets communs impliquant le plus de monde, principalement les enfants et les jeunes, afin de préparer ce « vivre en commun » tellement important pour l’avenir de notre nation.

Isabelle : Personnellement, je ne connais pas suffisamment ce qui se vit chez nos frères musulmans pour me permettre un avis étayé. Mais, de ce que je viens d’entendre de la bouche d’Ahmed, je salue l’importance de l’enracinement familial et la valeur des actes quotidiens, tous deux essentiels à tout acte de transmission. Chez les catholiques, nous avons un peu perdu cela et c’est bien dommage. Nous essayons de développer le rôle des communautés chrétiennes pour soutenir les parents dans leur responsabilité de transmission, mais ce n’est pas facile dans une société sécularisée et individualiste. Et nous essayons aussi de sortir de l’idée qu’il ne faudrait se préoccuper de transmission qu’à l’âge de l’enfance ! C’est tout au long de sa vie qu’un catholique est appelé à approfondir et faire grandir sa foi.
Je suis attachée à la « laïcité à la française », parce qu’elle devrait nous permettre, si elle est bien comprise, bien reçue et bien vécue, des échanges libres, ouverts et respectueux. Bref, un enrichissement mutuel dans le respect de nos différences. Je formule des vœux pour que les mois et les années à venir nous donnent l’occasion de le vérifier. Merci de cet échange.


Marceau Bondilange – Thierry Péra

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